DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali


NAMU MYOHO RENGE KYO
Nam(w)u en chinois  


http://www.gakkaionline.net/Imagery/Nam.html et http://www.gakkaionline.net/mandala/MRK.html

Le caractère qui est prononcé Namu par les bouddhistes de Nichiren, est composé de deux graphèmes: Nan au dessus et Wu en-dessous. 

Nan wu n’a aucun sens en chinois. C’est un son qui fut inventé par les premiers bouddhistes chinois pour imiter le son sanskrit Namas.  

Namas
 veut dire “dévotion”. Mais une vieille signification de Namas était “joug”. À première vue, le passage de “joug” à “dévotion” est impossible.  
Mais voici le lien. Avant l’ère moderne de la mécanisation, les gens utilisaient des bêtes pour les aider dans leur travail. Des buffles ou des bœufs étaient alors liés sous un joug pour trainer de lourds chars. Lorsque l’un de ces chars pénétrait dans le village, un guetteur criait: «Namas!», signifiant par là “joug”, ou grand char en approche. En effet, on attendait au village ces grands chars qui servaient à ramener des vivres, des médicaments, des notables, etc. Les bouddhistes aussi utilisèrent ce terme pour signifier “prêter une oreille”,“guetter”,“faire attention” et “montrer du respect” quand un enseignement du Bouddha devait être écouté avec attention et récité avec conscience par la suite. Le passage donc de “faire attention” du monde paysan à “faire attention” aux textes sacrés des moines et puis “dévotion”, est ainsi expliqué. 



  
Nan (le caractère supérieur qui compose Namu) est formé de trois graphèmes — Shih, Chiung et Jen.


  
La plupart du temps Shih (jap. Ju) est le chiffre dix. C’est une croix couchée. Comme composante de Nan, il représente les cinq points cardinaux: le Nord, le Sud, l’Ouest, l’Est et le centre; le centre étant le plus important parce que c’est à partir du centre qu’on détermine les autres points cardinaux.


  
Chiung est une boîte sans fond, un espace ouvert, la liberté, le pâturage, la retraite. Dans la construction de Nan, il représente la frontière.

 

  
Jen est lui aussi composé. Il ressemble au symbole de la devise japonaise, le yen. En fait, c’est une personne à l’envers (une offense) plus une deuxième ligne.  La deuxième ligne indique une répétition des offenses, ou simplement une répétition. Un autre concept est aussi utilisé pour représenter l’infraction, celui de la liane de jungle. Et donc, comme partie de Nan, cet élément composé signifie la répétition de la végétation – la jungle.

 

  
Shih, Chiung, et Jen se combinent ensemble pour décrire la jungle qui se trouve à la frontière sud de la Chine. Cela pourrait aussi tout simplement dire “Sud”. 
La deuxième moitié inférieure de Namu est le caractère chinois Wu (prononcé  “où”). 
Wu ressemble à un échiquier avec quatre points en-dessous. C’est la représentation d’un homme qui défriche une forêt (la petite barre en haut à gauche est le radical pour “couper”). Au sens figuré, cela veut indiquer la “disparition”, la “négation”, le “débarrasser”.  

Dans l’ordre des images:  
Une personne est entourée de toute part par des lianes de jungle (ses offenses). Elles la retiennent, la font trébucher, déchirent sa chair et bloquent la lumière, rendant ainsi la progression très difficile. L'homme est perdu, tourne en rond et s’enfonce encore plus dans la jungle. Ça c’est le Nan de Nanwu.  Et Wu est le défrichement.   

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Myo en chinois  

Ainsi, pendant que je réfléchissais, un bouddha doré apparut soudainement dans l’enfer des souffrances incessantes. […] Tandis que mes tourments diminuaient légérement, je joignis les mains en prière pour lui demander quel type de bouddha était-il. Le bouddha répondit: «Je suis le caractère myo».” (Wulong et Yilong, Gosho Zenshu p. 1580 - Ueno ama gozen gohenji)

Le mot que les bouddhistes de Nichiren prononcent Myo se compose de deux graphèmes chinois: à droite Shao, à gauche Nu :

Nu, pris tout seul, signifie “jeune fille”,“toi”,“tu”. Shao représente quelque chose de petit qui a été coupé en deux – quelque chose de “fin”, donc,“subtile”,“difficile à percevoir”. Kumarajiva utilisait ces deux symboles pour dans le sens de “merveilleux”,“excellent”,“subtil”,“fin” (comme dans une “fine remarque” N.d.T.) et “mystérieux”.
Il correspond au mot sanscrit Sad qui signifie “doté de perfection” ou “complet” (Saddharma-pundarīka).

Mais comment passé-t-on donc de “mystérieux” à “jeune fille”? La réponse se trouve dans le graphème nu. Le coup de pinceau à droite dessine le premier croissant de la lune.  La nouvelle lune en effet, se montre d’abord comme un mince croissant qui grandit jusqu’à devenir parfaitement rond, exprimant ainsi au sens figuré la maturité d’une jeune fille qui devient une vraie femme (enceinte). La nouvelle lune est comme la jeune fille. La pleine lune est la femme mûre. Par extension, la lune est l’expression du cycle de vie et de mort, ce qui lui donne son caractère d’universalité. La nouvelle lune illumine très partiellement toute la lune, ce qui, au sens figuré, se traduit par “tout n’est pas révélé”, et donc “mystérieux”.

La lune éclaire l’obscurité tout comme l’espoir (myo) ranime le maussade. L’espoir ouvre les portes du Hoben Pon du Sutra du Lotus qui sont “difficiles à pénétrer”. Le chemin illuminé par myo est le bon médicament pour tous les êtres vivants.

"Tout comme la lune, dès qu'elle s'élève au-dessus des montagnes, à l'est, se reflète immédiatement dans l'eau" (Wulong et Yilong, Gosho Zenshu p. 1580 - Ueno ama gozen gohenji),

notre monde est illuminé par notre initiation à Myo, le Premier Bouddha du Sutra du Lotus.

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Ho en chinois

“Nous ne serons pas contents jusqu’à ce la justice s’écoule comme un fleuve et la droiture comme un puissant courant” (Dr. Martin Luther King Jr.)

Le caractère que les bouddhistes de Nichiren prononcent ho est fa en chinois (et dharma en sanskrit). Il signifie “règle”,“loi” et, par extension, “modèle” ou “motif, patron”. La forme moderne utilisée dans le kyobon se compose de deux graphèmes: Chu, à droite et Shui à gauche.  


 

Chu ressemble à un pupitre à musique. La base triangulaire du pupitre est un récipient ou un pot. Ce qui ressemble à un poteau téléphonique au-dessus, est le couvercle du récipient. Cela signifie “enlever”,“mettre de côté”,“partir”. Si on enlève le couvercle et le contenu, le récipient est vide.  


Shui est formé par deux points et une ligne oblique. La ligne représente le ruisseau et les deux points des vortex. Cela veut donc dire “eau”.

Jarre? Eau? Comment cela devient-il la “Loi”?  La loi (fa) enlève (chu) les vices et rend la morale flexible comme l’eau (shui). 
Toutefois, on peut remonter à plus loin pour la construction du caractère fa (jap. ho, français loi). Fa était compose de chi et de cheng
Chi est un triangle. Il signifie “l’union” ou “jonction de différents éléments” mais aussi “adaptation au tout”. Pour mieux comprendre, imaginez les côtés du triangle convergeant vers un seul point. 
Cheng représente les empreintes qui mènent directement à la crête de la colline pour accéder à une vue panoramique dans toutes les directions. Et puisque les empreintes ne zigzaguent pas, cheng signifie “droiture”.
Fa signifie donc “s’adapter (chi) à la droiture (cheng)” — d’où la “loi”.   

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Ren en chinois

La plante qu'est le lotus a ceci de semblable au principe de Myoho Renge qu'elle contient simultanément la cause [le bourgeon] et l'effet [la graine]. (L'ainsité du Dharma merveilleux, Gosho Zenshu p. 510 -Totaigi sho)

 Ren se compose de trois graphèmes — Hua, Chuan et Cho.  

Hua est un radical qui indique la végétation. Il est constitué d’une ligne horizontale et de deux petites lignes verticales qui l’entrecoupent. La ligne horizontale est la surface d’où sortent les pousses. Dans le cas du lotus, la surface est l’eau boueuse. Les deux lignes verticales sont la contraction d’un signe primitif qui montrait des mains en offrande. L’interprétation courante y voit la plante qui sort de terre. 

Chuan, dans sa forme primitive, est un joug, signifiant la maîtrise. Puis il a pris le sens de chariot, celui qui porte des médicaments, des gens riches ou les notables. Chuan est ce qui véhicule un trésor.

 


Cho représente les empreintes de pieds, l’une derrière l’autre. Il ressemble à un grand “Z” avec deux points au-dessus. 

Cho se combinant à Chuan, donne une file de chariots, en succession. Dans une acception bouddhique, on entend “causalité. L’ensemble de huacho et chuan résulte en une plante qui exprime la causalité, c’est-à-dire le Lotus

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Ge en chinois  
Le ge de renge est hua en chinois. Il se compose de deux graphèmes tous deux prononcés hua.  



Hua1 est le même que le hua utilise dans le ren de renge. Il signifie la végétation.


Hua2 est lui-même composite. Le hua2 moderne ressemble à un filet carré sur une perche. Les formes anciennes de yu et hua3 ont créé hua2. Elles sont aujourd’hui méconnaissables. 
Yu représente le soufflé qui se libère après avoir surmonté une obstruction. Sa signification est donc “expansion”,“liberté”. C’est ce qu’on dit communément “respirer à pleins poumons”.   
Hua3 veut dire “changement”,“convertir par l’enseignement”, puis “evolution”.

La fleur (hua) est la forme libérée (yu) de l’évolution (hua3) végétale (hua1). 
Ce développement de la fleur commence avec han, le bourgeon. Han est compose de graphèmes qui signifient “manifestation extérieure d’une force intérieure”.
Les fleurs représentent elles des quantités de bienfaits. D’ailleurs, dans le Sutra du Lotus il est écrit: «Les fleurs mandarava tombent comme pluie» (U mandara ke), couvrant le croyant de bienfaits
Le Quatrième Bouddha [Shakyamuni] du Sutra du Lotus (hua) est la manifestation extérieure d’une force intérieure, parfaitement évoluée, complètement consciente, le Bouddha de libération.  

ge 

 

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Kyo en chinois 

Kyo est Ching (prononcé “ying” en chinois). Il veut dire “enseignement”. Il se compose de I (jap. ichi), ch'uan, t'ing et mi
En commençant de la droite, puis vers le bas:   


  

 Ichi  est une simple ligne horizontale, me premier caractère chinois. C’est “l’unité”,“la source de toute chose”,“le numéro un”. Il sert à montrer le lien entre les différents caractères.

Ch'uan représente trois vagues, un fleuve formé par de ruisselets.


Ichi et Ch'uan se combinent ensemble pour donner le son/image Ching2. Le fleuve (Ch'uan) coule sous terre (ichi). Le tout, voulant dire des cours d’eau souterrains, des veines, des vaisseaux sanguins.

Le t'ing dans ching se contracte pour ressembler au caractère kungKung est un “H” renversé. C’est le carré. Dans la culture chinoise, le carré est la forme de toute chose. 
T'ing en soi est formé par trois lignes, dont deux horizontales reliées par une ligne verticale. T'ing est une personne se tenant debout et ferme sur le sol. 


  
Ching2 s’unit à t'ing qui est sur le sol en train d’observer l’eau coulant sous terre (ching3). 


À gauche on trouve mi. Mi est un fil très resistant, résultat de l’entrelacement de plusieurs fils fins. Par extension, il indique des “quantités d’enseignement”.

T'ing (une personne debout sur le sol) observe la source des choses (ichi) et verso où elles coulent (ch'uan). Plus la source est profonde (ichi), plus la rivière est longue (ch'uan). La source (ichi) de Myoho-renge-kyo est infinie et toujours présente. 
T'ing observe la surface (ichi) et le mouvement (ch'uan) sous la surface. L’eau qui coule (ch'uan) n’est jamais la même mais est, en même temps, unique (ichi). C’est l’élément moteur [littéralement le sang de la vie, le coeur] (ching2) de tous les bouddhas. 
Ching (le Cinquième Bouddha du Sutra du Lotus [Maitreya] est le Bouddha de l’éternité omniprésente. Tous les phénomènes sont des enseignements (Ching).  

kyo 

"Lorsque vous réalisez que votre propre vie est le Dharma merveilleux, vous réalisez que celle des autres l'est également. Cet Eveil s'exprime par Kyo, le Sutra merveilleux."(Sur l'atteinte de la bodhéité, Gosho Zenshu p. 383 - Issho Jobutsu Sho)

 

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