DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali


Méditations bouddhiques


La plupart des bouddhismes (sauf le zen) distinguent deux classes de pratiques méditatives :
samatha ou shamatha (calme) développe la capacité de focaliser l'attention en un seul point = arrêt = shi
qui vise l'obtention du dhyana, jhana (profond niveaux de concentration) Dans le zen dhyana prend le sens fort de samadhi* (vision) qui développe la perspicacité et la sagesse en voyant la vraie nature de la réalité = introspection = kan qui vise le perfectionnement du pratiquant sur la voie de bodhisattva.

Différencier ces deux types de pratiques n'est pas toujours aisé. Cependant certaines pratiques prétendent à une délimitation stricte. Par exemple des méthodes d'Ānāpānasati (respiration) commencent en shamatha, et se terminent en une pratique de vipassana, tandis que d'autres pratiquent l'ordre inverse.

Theravada

Le bouddhisme theravāda (doctrine des Anciens) souligne le fait d'être attentif (sati) et inclut deux pratiques :

  • Samatha bhavana, le développement de la tranquillité, mène à l'atteinte des dhyānas, de profonds niveaux de concentration. Elle vise également le développement de la bienveillance, de la compassion et du détachement. Ainsi, Maitrī est le développement d'un sentiment d'amour détaché envers chaque être. Ānāpānasati est la concentration basée sur la respiration. L'anapanasati est cependant parfois employée en vue de la pratique de vipassana.
  • Vipassanā bhāvanā, la pratique formelle d'une introspection, est parfois décrite selon un ensemble de 18 contemplations, comme la contemplation de l'impermanence. Dans la poursuite "de Nibbana", elle mène à la réalisation de l'état d'arahant.

Certaines écoles, comme l'école thaïlandaise des Moines de la forêt, mettent davantage l'accent sur dhyāna, d'autres, comme l'école birmane de Sayadaw U Pandita, insistent davantage sur vipassana. Les deux pratiques vont cependant de pair et se renforcent mutuellement.

Mahayana

Voici les enseignements qui distinguent le Mahāyāna :

Les écoles Japonaises Mahāyāna

  • Tendai (Tien-tai), la concentration est cultivée par un rituel fortement structuré. Zazen et kōan sont des pratiques de méditation extrêmement importantes, permettant à un pratiquant d'éprouver directement la nature vraie de la réalité.
  • Shingon cette section partage beaucoup de dispositifs avec le bouddhisme tibétain.
  • Shugendō Les méditations dans cette branche du bouddhisme tantrique Vajrayana nippon, sont de plusieurs sortes : Assise (Tokkogatame meiso/ méditation pour l'obtention d'un corps de vajra), active (en marchant, kaihogyo), sous les chutes d'eau glacée (takigyo), mais elles sont en relation avec les éléments de la mère-nature et la montagne plus précisément….

L'école bouddhiste chinoise Chán s'est exportée au Japon sous la forme Zen, et en Corée avec le terme Son, chacun des noms de ces écoles dérive du sanskrit dhyāna, et la traduction est la "méditation" dans leurs langages respectifs.

La méditation peut être obtenue par la pratique de l'attention grâce à laquelle:

  • les divers aspects fragmentés du mental se déposent, se dissolvent et s'apaisent : voir Dhyāna ;
  • la pratique de l'attention désamorce la négativité, l'agressivité et la turbulence des émotions : voir Vipassanā bhāvanā, Zazen ;
  • cette pratique dévoile et révèle la bonté fondamentale, la graine d'éveil selon le bouddhisme tibétain.

Nichiren :

Question : Pourquoi n'encouragez-vous pas la méditation sur le principe des trois mille mondes en un seul instant de vie (ichinen sanzen), mais uniquement la récitation du daimoku ?

Réponse : Les deux caractères qui composent le mot Nihon (Japon) représentent à eux seuls tous les êtres humains, tous les animaux et toutes les richesses des cinquante-six provinces du pays sans la moindre exception. Et les deux caractères qui forment le mot Gashi (Inde) n'évoquent-ils pas l'ensemble des soixante-dix régions de l'Inde  ? Zhanlan* écrivit  : "Lorsque, sous forme abrégée, nous mentionnons le Titre du Sutra, c'est le Sutra dans son intégralité qui est évoqué."(réf.) Et aussi : "Lorsque, par souci de concision, nous parlons des dix mondes-états ou des dix modalités, ce sont les trois mille mondes qui sont implicitement évoqués."(réf.) (Quatre étapes)

IEB

Qu’est-ce que « méditer » ?

« Méditation » est un bien méchant cadeau que l’Occident a fait à l’enseignement du Buddha, selon le principe de « traduire, c’est trahir » ! Les différents termes employés dans les langues indiennes (sanskrit ou pâli) que l’on traduit ordinairement par « méditation » peuvent – et doivent… – se comprendre bien différemment : bhavanâ, samâdhi ou dhyâna évoquent des attitudes de l’esprit qui n’ont rien à voir avec le fait de « méditer », qui consiste à « réfléchir sur un texte et sur la manière de l’appliquer dans sa vie » – selon la définition chrétienne de ce terme, qui vient du vocabulaire de cette tradition !

Bhavanâ évoque le « développement » de qualités de l’esprit, que notre Ignorance et notre Illusion nous font généralement dédaigner. Samâdhi est un « recueillement » de l’esprit qui, « non distrait » par les pensées réactives habituelles (émotives ou conceptuelles), est capable de se tenir fixé sur un seul phénomène – un phénomène constamment « re-produit », dans la pratique du « calme » (samatha), ou tous les phénomènes qui se produisent successivement, différents à chaque instant, dans la pratique de la « vision pénétrante » (vipassana). Dhyâna, techniquement, désigne une forme d’« absorption » née de la pratique du calme, mais il a fini par être employé – notamment en Chine et dans tout l’Extrême-Orient (prononcé « chan’na », puis « chan » ou « zen ») – dans un  sens très général, comme un synonyme de bhavanâ ou de samâdhi.

Rien, dans ces trois termes, n’évoque une « intense réflexion » ni moins encore le fait de « projeter quelque chose » (comme dans « méditer un mauvais coup »…) qui reste le sens premier du terme latin « meditatio » ! Du coup, si l’on comprend aisément qu’un certain retrait du monde soit nécessaire pour mener une « intense réflexion » ou « projeter quelque chose », il n’en va pas forcément de même pour ce qui est de « développer » les qualités d’un esprit « non distrait » par ses réflexes conditionnés habituels, c’est-à-dire développer et appliquer l’attention vigilante (sati/smrti) et la connaissance (paññâ/prajñâ).

C’est bien ainsi, d’ailleurs, que la tradition bouddhique l’a compris : l’observation « attentive et compréhensive » des phénomènes physiques et psychiques ne se limite pas aux seuls temps de pratique intensive, dans la posture assise. Tout instant, toute activité doit être un moment pour s’exercer, s’entraîner à « voir les choses telles qu’elles sont » ! Et ça n’est pas pour rien que les textes anciens appellent le pratiquant « celui qui s’entraîne » (sekha)… un entraînement qui ne s’achève qu’avec l’obtention de l’Eveil, seulement. Mais, dans le même temps, on n’ignore pas que l’exercice de telles capacités demande des efforts certains pour pouvoir être accompli : on n’y parvient pas généralement du premier coup et certaines étapes, une progression méthodique, permettent d’y arriver, pas à pas :

« Par degrés, petit à petit, de moment en moment, un homme sage doit se purifier de ses propres impuretés, comme un orfèvre purifie l'argent de ses scories. » (Dhammapada, st. 239)

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