DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali


Période de Kamakura 1185 - 1333
 

La fin du XIIème siècle au Japon est troublée par des guerres civiles, des incendies, des famines et des épidémies. Le gouvernement de Heian et l'aristocratie de la cour étant incapables de régler les conflits, l'Empereur fit appel aux clans guerriers. Ces clans avaient établi dans leurs fiefs une organisation féodale, rendue obligatoire par l'acquisition de domaines de plus en plus vastes octroyés par l'Empereur à titre de récompense, et par la demande de protection de la part des paysans à la merci des bandes de pillards. Ces clans finirent par échapper au contrôle du gouvernement central.

Appelés par les nobles pour faire régner l'ordre dans la capitale (Kyoto), les deux principaux clans militaires, les Minamoto (Genji) et les Taira (Heike) se disputèrent le pouvoir. Au terme d'une dizaine d'années de troubles sanglants (au cours desquels Kyoto et Nara furent ravagées par les incendies) les Taira furent écrasés par Minamoto no Yoritomo. En 1185, Yoritomo déplaça le siège du gouvernement de Kyoto à Kamakura, dans l'Est du Japon inaugurant ainsi la période Kamakura et instaura un gouvernement militaire, le bakufu ("gouvernement de la tente"). En 1192, l'empereur Go-Toba (1179-1239) lui décerna le titre de shogun.

Cette époque marque la fin du pouvoir aristocratique qui régnait depuis le IX siècle. On vit apparaître, sur la scène politique, des groupes de guerriers provinciaux, dont les chefs n'étaient pas des aristocrates vivant à la cour. Cependant, la noblesse ne fut pas totalement écartée et la paix relative qui régna à l'époque Kamakura est le résultat du compromis entre la noblesse de cour et les clans guerriers. A la cour de Kyoto, résidaient la noblesse, hostile au shogunat et les religieux des grands temples bouddhiques. A Kamakura se trouvaient les guerriers de l'est et du nord du Japon. On assista donc à une forme de gouvernement bicéphale, chacun profitant des faiblesses de l'autre. Le gouvernement du bakufu recevait sa légitimité de la cour, et en retour l'Empereur avait recours aux guerriers pour faire régner l'ordre.

Le renouveau religieux de Kamakura ne s'est pas limité à l'apparition de nouvelles écoles. Les moines des écoles traditionnelles déploraient leur décadence et essayèrent de régénérer les principes bouddhiques :

- Eizon (l201-1290) et son disciple Ninsho (1271-1303) tentèrent une restauration de l'école Ritsu. Ils gagnèrent de nombreux partisans à la cour et parmi les fonctionnaires du shogunat.
- Jokei (1155-1213) s'occupa de l'école Hosso. Il renouvela la discipline monastique, combattit la pratique du Nembutsu (voir amidisme), et s'engagea dans une controverse célèbre avec Honen.
- Myoe (1173-1232), fondateur du temple Kozan-ji, restaura l'école Kegon. Il rencontra Eisai avec lequel il étudia le Zen. Il écrivit plus de 70 traités dont le Saijarin qui est une critique de la doctrine la Terre pure de Honen.

Les nouvelles écoles de Kamakura eurent aussi à se défendre contre les attaques des écoles anciennes qui les jalousaient à cause du succès qu'elles obtenaient auprès des foules, et contre des mouvements de restauration du shinto qui commençaient à affirmer que les bouddhas étaient des manifestations des kami et non l'inverse. Jusque-là, le bouddhisme et le shinto avaient coexisté paisiblement. La plupart des empereurs s'étaient montrés également favorables aux deux religions.

La pluralité des tendances reflète une forme religieuse particulière au Japon où la tendance au syncrétisme est toujours présente. "Tous les hommes finissent par arriver au sommet du Mont Fuji" disait Mujû, un moine Zen du XIII siècle, qui pratiquait le zazen, récitait l'invocation au bouddha Amida, et pouvait faire un pélerinage à un sanctuaire dédié à une divinité shinto.

Principaux évènements
1185 Minamoto Yoritomo instaure à Kamakura le régime du bakufu

1192

Mort de l'empereur retiré Go-Shirakawa
 
Minamoto Yoritomo obtient le titre de Sei i tai Shogun
 

Le moine Eisai introduit le Zen

1193
Minamoto Yoritomo tue Noriyori à Izu
1198 Go-Toba abdique mais continue à gouverner à travers l'empereur Tsuchimikado.
1199 Minamoto Yoritomo meurt d'une chute de cheval. Son fils, Yoriie, lui succède mais se fait manipuler par la famille de sa femmme, les Hojo. Le clan Hiki assure la garde du nouveau shogun.
1203

Hojo Tokimasa fait assassiner Hiki Yoshikazu qui avait comploté contre la famille Hojo. Il extermine également la majorité du clan Hiki puis tue le fils de Yoriie. Ainsi il oblige Yoriie à se retirer et le remplace par Minamoto Sanetomo. Il prend le titre de shikken (régent du shogun) qui sera désormais accaparé par la famille Hojo.

1204 Assassinat de Minamoto Yoriie, le shogun retiré.
1205 Hojo Yoshitoki défait Hatakeyama Shigetada. Il contraint son père Hojo Tokimasa à se faire moine et devient le nouveau régent shikken.
 

Naissance de Hojo Masamura

1207

Honen, le fondateur de l'école Jodo est exilé à Tosa (Il reviendra à Kyoto en 1211)

1210 L'Empereur Tsuchimikado se retire en faveur de Juntoku
1212 Mort de Honen
1213 Wada Yoshimori se révolte contre le bakufu. Il est battu par Hojo Yoshitoki à Sagami.
1219 Minamoto Sanemoto est assassiné au temple Hachiman de Tsurugaoka par l'un des fils de Minamoto Yoriie, le moine Kugyo.
1219 - 1222 Deux oeuvres majeures : Hogen Monogatari (le Dit de l'ère Hogen) et Heiji Monogatari (le Dit de l'ère Heiji)
1221 Les troubles Shokyu (Jokyu)
  L'Empereur Juntoku abdique (mai)
 

L'Empereur retiré Go-Toba se révolte contre le bakufu (juin)

 

L'armée de Go-Toba est battue par Hojo Yasutoki ; Go-Toba, Juntoku et Tsuchimikado sont exilés.

1222 Naissance de Nichiren
1224 Hojo Yasutoki devient régent shikken à la suite du décès de Yoshitoki.
1225 Mort de Hojo Masako, la "nonne shogun" (Ama Shogun)
1226

Hojo Yasutoki crée le hyojoshu, conseil qui devient l'organe le plus important du gouvernement de Kamakura. Le titre de Shogun revient à un Fujiwara.

1227 Naissance de Hojo Tokiyori
1229 Naissance Hojo Nagatoki
1242 Mort de Hojo Yasutoki. Son petit-fils, Tsunetoki, lui succède.
1244 Le shogun Fujiwara Yoritsune est déstitué et remplacé par son fils, Yoritsugu
1246

Hojo Tokiyori devient Régent du bakufu ou Régent Hojo
Go-Fukakusa devient Empereur jusqu'en 1259

1247 Guerre Hoji : les Hojo éliminent la famille Muira.
1250 Naissance de Hojo Tokimune
1252 Consécration du Grand Bouddha (Daibutsu) de Kamakura
1253 Mort de Dogen, fondateur de l'école Soto Zen.
1256 Fin de la régence de Hojo Tokiyori. Son successeur est Hojo Nagatoki
1259 Les Mongols soumettent la Corée
1260 Nichiren envoie son Rissho Ankoku Ron au bakufu. Il est exilé à Izu
1263

Le roi coréen Koryo envoie une mission au Japon pour protester contre les exactions des pirates (wako) sur leur côtes.

  Mort de Hojo Tokiyori
1264

Mort du Régent Hojo Nagatoki ; Hojo Masamura devient Regent

1268

Hojo Tokimune remplace Masamura comme Régent (18 avril)
Kublai Khan envoie une ambassade pour exiger un tribut

1272

Avec l'assentiment du bakufu la lignée impériale est officielement divisée en branche Cadette et branche Aînée afin d'arrêter les conflits de sucession
1273 Mort de Hojo Masamura
1274

Première tentative de débarquement des Mongols de Kubilai Khan dans la baie de Hakata. La bataille dure un jour (19 février)

1276 Construction d'une muraille protectrice autour de la baie de Hakata.
Les Mongols soumettent la Chine
1278 Les moines du Mont Hiei complotent contre le bakufu
1281 Les Mongols tentent une 2ème invasion du Japon. (22 mai). Le 9 juin ils débarquent à Tsushima et le 14 sur l'île Iki. Le 21 juin a lieu la bataille autour d'Hakata (Kyushu) mais les troupes mongoles n'arrivent pas à prendre l'avantage. Le 12 août arrive de Chine un imprtant renfort. Mais un typhon (kamikaze) anéantit la flotte mongole le 15 août.
  Consécration du temple Enkaku-ji par Mugaku Sogen
1284 Mort du Régent Hojo Tokimune. Son fils Hojo Sadatoki lui succède

1285

Troubles Shimotsuki (Shimotsuki no ran) Adachi Yasumori se révolte à Kyushu et est battu par Taira Yoritsuna.
1287 Naissance du futur Empereur Go-Daigo
Retour au dictionnaire
haut de la page