Ryusho Jeffus

Réunion à Igny (Essonne)
Parole du jour / 1er mars 2014

 

Bonsoir à vous tous, et merci de vous être réunis pour réciter le Sutra du Lotus et le Titre Sacré, O-Daimoku Namu Myoho Renge Kyo. J’ai vraiment de la chance de me trouver ici parmi vous. Bien que nos langues nous séparent, nous pouvons transcender cette différence en récitant en shindoku les chapitres des Moyens Appropriés et de la Longévité du Tathagata.

Il y a sans-doute ici ce soir des pratiquants de différentes lignées nichiréniennes et, personnellement, je trouve ça prodigieux. Non seulement nous ne partageons pas la même langue, mais nous avons des pratiques et une compréhension différente des enseignements de notre fondateur, Nichiren Shonin. Or voilà que nous sommes capables de dépasser ce qui nous sépare pour ne penser qu’à glorifier le Sutra du Lotus et le garder comme vérité suprême au-dessus des parties.

Au chapitre XV Surgis-de-Terre on narre l’arrivée de nombreux bodhisattvas qui surgissent des entrailles de la Terre après avoir vécu en des régions inférieures. C’est un phénomène si extraordinaire que la Grande assemble sous la Tour aux Trésors du bouddha Taho suspendue dans les Airs en est choquée.

Ces bodhisattvas, apprend-on, ont les trente-deux signes distinctifs d’un bouddha, sont de couleur dorée et émettent de leur corps d’innombrables rayons de lumière. La description qui en est faite est bien plus méticuleuse, mais je veux juste ajouter qu’ils arrivent par groupes, suivis chaque fois de leurs disciples et de leurs assistants. En fait, ils sont si nombreux, qu’il n’existe pas de chiffre pour les énumérer.  

J’en ai déjà parlé à plusieurs reprises dans le passé, mais il est bon de le rappeler afin de comprendre l’esprit de ces bodhisattvas : contrairement aux autres participants de l’auditoire, intéressés par la prédiction de leur propre Éveil, ces bodhisattvas ne font que s’enquérir du bien-être et de la santé du Bouddha ainsi que des obstacles qu’il aurait pu rencontrer en dispensant son enseignement.

Je crois fermement que tous ceux qui mettent en pratique le Sutra du Lotus dans cette maison et de par le monde, tous ceux qui récitent le Titre, peuvent manifester les mêmes caractéristiques et apporter les mêmes bienfaits que ces bodhisattvas Surgis-de-Terre. Alors, puisque nous avons tous ce potentiel, puisque notre souhait à nous tous est de propager cet enseignement merveilleux, pourquoi ne pas nous unir dans cette tâche ?

Après tout, en diffusant largement le Dharma de la fleur de lotus, fut-ce par des moyens différents, nous cherchons tous à créer une société pacifique. Les approches peuvent différer, mais le but est unique. 

 Je ne vous cache pas mon intime conviction que ce Sutra, tel que je l’ai compris, permet différentes pratiques pour autant qu’elles incluent la récitation d’O-Daimoku. Et ce, en dépit du fait que d’aucuns prétendrons détenir seuls la véritable interprétation du Sutra du Lotus

Ceux qui en sont persuadés, qui se moquent des autres pratiquants du Sutra du Lotus, les ignorant ou pire, leur manquant de respect, ne font que se comporter comme les cinq mille personnes outrecuidantes du chapitre II qui se lèvent choquées par la nouveauté du prêche du Bouddha, convaincues d’avoir déjà atteint l’Éveil. Shakyamuni appelle ces arrogants « êtres recouverts de branches et de feuilles », les brindilles et les feuilles qui choient inévitablement, contrairement à « ceux qui sont purs et non pas recouverts de vues fausses ».

Alors, à ceux qui évitent les autres Écoles nichiréniennes, à ceux qui ne veulent pas coopérer à diffuser le Dharma, alors que nous récitions tous le Titre, je dis : qu’il en soit ainsi. Nous, de notre côté, réunissons tous ceux qui veulent entreprendre la voie du bodhisattva et allons mettre en pratique cet Enseignement merveilleux qui nous a été donné au Pic du Vautour.

Récitons le Titre ensemble avec le Nipponzan Myohoji, avec la Rissho Kosei Kai, la Reiyukai, les “indépendants”, la Soka Gakkai et, si le cœur leur en dit, avec les pratiquants de la Nichiren Shoshu et de la Kempon Hokke Kai. Il faut une variété de pratiques et un nombre croissant de croyants si nous voulons apporter plus de bonté dans ce monde !

Déjà de nombreuses Écoles se réunissent au Mont Minobu dans le temple Kuon-ji pour réciter le Titre sans pour autant appartenir à la Nichiren Shu. Les collines et les vallées de Minobu s’emplissent des sons de gens qui se réunissent pour marcher au rythme du tambour en récitant O-Daimoku. Moi-même, j’ai déjà marché en pratiquant avec adeptes du Nipponzan Myohoji.  Tout le monde est le bienvenu, même s’il n’y a pas de réciprocité. Le temps est venu de pratiquer non seulement en faveur des non-nichiréniens, mais aussi pour ceux des autres courants se référant à Nichiren, suivant en ceci l’exemple lumineux du bodhisattva Fukyo (Sans-Mépris) qui saluait avec respect tous les croyants.

 Je voudrais conclure en citant le Sutra du Lotus :

« Après le parinirvana de l'Ainsi-Venu, dans les cinq cents dernières années, si l'on voit quelqu'un recevoir et garder, lire et réciter le Sutra du Lotus du Dharma, on devra se faire cette réflexion : ‘‘Cet homme, avant longtemps, se rendra au lieu de la Voie, défera les hordes de Mara et obtiendra l'Éveil complet et parfait sans supérieur ; il mettra en branle la roue du Dharma, fera résonner le tambour du Dharma, soufflera dans la conque du Dharma, fera tomber la pluie du Dharma ; il s'assiéra au trône léonin du Dharma, au milieu d'une vaste foule de devas et d'hommes. »  (chapitre XXVIII)

 Je remercie, vous tous qui m’avez accompagné, ici, ce soir. J’espère de tout cœur que vous rentrerez chez vous plus enthousiastes qu’avant et que vous serez toujours en bonne santé. Que notre but reste un seul et unique : celui de diffuser la bonté de par le monde grâce à l’enseignement du Lotus.

Avec Gassho,
Ryusho Jeffus

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