DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali


Trois catégories d'illusions


Classification des illusions établie par Zhiyi :
1) les illusions de la pensée et du désir,
2) les illusions aussi nombreuses que des grains de poussière et de sable
3) les illusions sur la vraie nature de l'existence.

Les illusions de la pensée et du désir (kenjiwaku, 見思惑) font que les êtres souffrent dans les six voies et le monde des trois plans. Elles sont subdivisées en illusions de la pensée (kenwaku) et illusions du désir (shiwaku). Les illusions de la pensée sont des perceptions fausses de la vérité et sont considérées comme essentiellement mentales et acquises. Elles consistent en cinq points de vue faux (go-rishi) et cinq passions illusoires (go-donshi). Les cinq points de vue faux sont :
1) Bien que le corps soit formé par l'union temporaire des cinq agrégats, on considère de façon erronée le moi comme absolu et, bien que rien dans l'univers ne puisse appartenir à un individu, on considère, de façon erronée, tout ce qui nous entoure comme notre propriété personnelle.
2) On croit par erreur que la vie est totalement annihilée par la mort, sans survie d'aucune forme, ou que la vie dure après la mort sous une forme éternellement immuable telle que l'âme.
3) On ne reconnaît pas la loi de cause et effet.
4) On adhère à des opinions personnelles fausses, avec des préjugés qui font considérer comme supérieur ce qui est inférieur.
5) On juge que les préceptes ou les pratiques erronés sont la véritable voie menant à l'Eveil.

Les cinq passions illusoires sont l'avidité, la colère, l'ignorance, l'arrogance et le doute qui accompagnent les cinq faux points de vue. Par opposition aux illusions surtout mentales de la pensée, les illusions du désir sont émotionnelles ou instinctives. Elles comprennent des inclinations basses telles que l'avidité, la colère, la stupidité* et l'arrogance qui naissent en liaison avec des objets ou phénomènes spécifiques.

Les illusions aussi nombreuses que des particules de poussière ou de sable sont des illusions qui empêchent les bodhisattvas de sauver les autres. Afin d'aider les autres, les bodhisattvas doivent bien connaître de nombreux enseignements aussi bien religieux que séculiers. Cette seconde catégorie inclut les illusions qui naissent quand ils essaient de maîtriser ces enseignements. Les illusions sur la vraie nature de la vie sont des illusions qui empêchent les bodhisattvas d'atteindre l'Eveil, c'est-à-dire de s'éveiller à la vérité de la voie du milieu. Dans l'enseignement spécifique (bekkyo), ces illusions sont au nombre de douze et dans l'enseigne ment parfait (engyo), au nombre de quarante-deux. La dernière et la plus profondément enracinée des quarante-deux est appelée l'obscurité fondamentale (gampon no mumyo). En l'éliminant, on atteint l'état de bouddha. Dans le Maka shikan, Zhiyi affirme que les trois catégories d'illusions doivent être éliminées par la méditation permettant de percevoir l'unification des trois différenciations en un seul esprit (en yu no sangan).

Spécifiquement, les illusions de la pensée et du désir sont éliminées par la perception de la vérité de la non-substantialité (kutai) ; les illusions aussi nombreuses que des particules de poussière et de sable, par la perception de la vérité de l'existence temporaire (ketai) ; et les illusions sur la vraie nature de la vie par la perception de la vérité de la voie du milieu (chutai). Pour Nichiren, l'enseignement de Zhiyi énonçant qu'un être élimine simultanément les trois types d'illusions par la perception des trois vérités parfaitement intégrées en un seul moment de vie signifie qu'en récitant Namu Myoho Renge Kyo, une personne manifeste la bodhéité dans sa vie : les désirs terrestres se changent en Eveil (bonno soku bodai), transformant les trois catégories d'illusions en trois sortes de sagesse

Retour à la définition
haut de la page