DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali


TOKI JONIN devenu moine sous le nom de NICHIJO

Toki Jonin fut, avec Shijo Kingo, un des premiers et principaux disciples de Nichiren. A ce titre, il reçut de lui plus de 40 lettres, dont nombre d'Ecrits majeurs, et il en collecta, catalogua et préserva nombre d'autres. Sa position sociale lui permit d'apporter une aide précieuse au mouvement naissant. Samouraï de petite noblesse, le "Seigneur Toki" était un fonctionnaire du gouvernement, au service du puissant seigneur de Chiba. Sa résidence à Wakamiya, dans la province de Shimosa (auj. Chiba-ken), était suffisamment éloignée de Kamakura pour servir, à plusieurs reprises, de refuge aux moines et disciples de Nichiren. C'est là que Nichiren vint se réfugier en 1260, quand sa maison de Matsubagayatsu fut brûlée. Toki bâtit alors un temple attenant à sa maison où Nichiren put reprendre sa prédication. Toki fut amené à engager des négociations périodiques avec les autorités pour protéger les membres. C'était aussi un homme de grande érudition et il mit en difficulté, dans un débat public, Ryosho-bo, un moine important de l'école Tendai, sur la question des enseignements bouddhiques antérieurs au Sutra du Lotus, et prit ensuite le contrôle de son temple qu'il confia à Iyo-bo Nitcho, son beau-fils. C'est à la suite de cette confrontation que Nichiren lui adressa le Kanjin no honzon sho (Le Véritable Objet de Vénération), l'un des Ecrits majeurs.

Pendant la persécution de Tatsunokuchi, Toki Jonin resta très proche de Nichiren. L'une des premières actions de Nichiren au moment de la persécution fut de lui écrire la Lettre d'Echi, la veille même du jour où il devait être décapité, dans laquelle il affirmait plus que jamais ses convictions. Sur le chemin de l'exil à Sado, Nichiren lui écrivit, de Teradomari, une lettre dans laquelle il exposait en détail ses sentiments et ses espoirs. Après son arrivée à Sado, il envoya à Toki certaines de ses lettres les plus importantes. Il y expliquait que la persécution représentait, pour lui, l'apogée de sa vie. Après le retour de Nichiren à Kamakura, Toki continua à recevoir des goshos, qui témoignaient souvent de la forte relation personnelle existant entre eux.

Toki épousa en seconde noces une pratiquante de la région de Fuji nommée Myojo. Il adopta ses deux fils (selon d'autres sources, il aurait été le père du second). Tous les deux furent ordonnés sous le nom de Nitcho. Le premier des deux, Iyo-bo Nitcho, devint l'un des "six moines aînés" désignés par Nichiren. Pour des raisons inconnues, il se brouilla plus tard avec Toki. Du vivant de Nichiren, Toki devint nyudo (moine laïc) et prit le nom de Nichijo.

Après la mort de Nichiren en 1282, Toki Jonin, principal leader des membres laïcs de la région de Kamakura, continua à diffuser les enseignements de son maître, mais il semble avoir eu des désaccords avec Nikko, le successeur de Nichiren dans la lignée de l'école Fuji. Il prit, dans des conditions particulières, des vœux complets. En effet, après une période de retraite de 100 jours, il procéda lui-même à sa propre ordination.

Le lignage spirituel initié par Toki est désigné sous le nom de lignage de Nakayama, du nom du lieu où ses disciples bâtirent un temple, Nakayama Hokekyo-ji. Les enseignements de ce temple cultivent la pratique ascétique de 100 jours, selon le modèle de Toki.

(Références)

voir également la vie de Toki Jonin par Kanji Tamura

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