DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali


Sanron-shu
Ecole des Trois Traités


L'une des "Six Ecoles de Nara"
L'école Sanron (Ecole des Trois traités) fut encore appelée "école de la vacuité" (ku-shu), appellation qui souligne l'un de ses dogmes fondamentaux, ou bien "école de l'absence de signe caractéristique" (musa-shu), par opposition à "l'école des caractères des dharma" (Hosso-shu et la théorie des cinq natures). Comme son nom l'indique, cette école fonde son, enseignement non pas sur un sutra réputé être parole directe d'un bouddha (ce qui est le propre des kyo-shu, mais sur des sastra, traités doctrinaux rédigés par des personnages historiques, ce qui fait d'elle une ron-shu. En l'occurrence, les trois traités sont :
- le Madhyamaka-sastra (Traité du Milieu, Chu-ron, Zhonglun) de Nagarjuna
- le Dvadasamukha-sastra (Traité des douze doctrines, Junimon-ron, Shiermenlun), de Nagarjuna
- le Sata(ka)-sastra (Cent traités, Hyaku-ron, Bolun) de son disciple Aryadeva
tous transmis dans la traduction chinoise de Kumarajiva.

Le fondateur de l'école en Chine fut le moine Jizang (Kichizo) (549-623), auteur d'une oeuvre abondante. Ses doctrines se propagèrent tôt au Japon, peut-être même dès l'époque du prince Shotoku, par l'intermédiaire des maîtres coréens de ce dernier, mais la première transmission officielle de l'école au Japon fut l'oeuvre du moine coréen Hegwan (Ekan) du royaume de Koryo, disciple de Jizang, qui vint au Japon en 625 et s'installa au Gango-ji ; il exposa les trois traités en présence de la Cour.

La seconde transmission fut l'oeuvre de Chizo, fils d'immigrés chinois et disciple d'Ekan, qui se rendit en Chine étudier auprès de Jizang et revint s'installer au Horyu-ji.

La troisième transmission fut effectuée par Doji, disciple de Chizo, qui, après un séjour de dix-sept ans en Chine revint au Japon en 718 pour s'installer au Daian-ji.

Les deux principales branches de Sanron-shu, le Gango-ji-ryu et le Daian-ji-ryu, fusionnèrent en 875 avec la création du Tonan-in au Todai-ji par le moine Shobo (832-909), fondateur d'une nouvelle lignée, tout imprégnée d'ésotérisme (mikkyo), qui se maintint jusqu'à l'époque d'Edo.

La doctrine Sanron affirme que, puisque tous les phénomènes n'apparaissent et ne disparaissent qu'en fonction de leur relation avec d'autres phénomènes, ils n'ont aucune réalité indépendante ou nature en soi et sont sans substance. L'école utilise la "voie du milieu des huit négations" (ni naissance, ni mort, ni cessation, ni permanence, ni uniformité, ni diversité, ni départ, ni retour) énoncée par Nagarjuna et soutient que la réfutation des conceptions dualistes ou unilatérales est elle-même la révélation de la vérité de la voie du milieu

 

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