L'Offrande d'un Kimono d'Eté

(L'offrande d'un kimono non-doublé)

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. 4, p. 157; SG* p. 536.
Gosho Zenshu p. 1231 - Sajiki Nyobo Gohenji

Minobu, 25 mai 1275, à Sakiji Nyobo

Une femme est comparable à l'eau. Elle prend la forme du récipient qui la contient. Une femme est comparable à une flèche, elle a besoin d'être ajustée à l'arc pour être lancée. Une femme est comparable à un bateau qui est guidé par son gouvernail. Si le mari est voleur, sa femme devient voleuse aussi. Si le mari est roi, la femme est reine. Si son mari est une personne de bien qui pratique le Dharma correct, elle deviendra bouddha. Non seulement dans cette vie-ci mais dans les vies futures, son destin est lié à celui de son mari.

[Votre mari] Hyoe no Saemon est un pratiquant du Sutra du Lotus. Parce que vous êtes sa femme, quoi qu'il arrive, le Bouddha doit savoir que vous êtes une pratiquante du Sutra du Lotus. De plus, vous avez pris la peine de m'envoyer un kimono d'été en offrande au Sutra du Lotus.

Il y a deux sortes de pratiquants du Sutra du Lotus [les saints et les simples mortels]. Le saint s'arrache la peau et s'en sert [comme d'un parchemin] pour recopier les caractêres d'un sutra. Si un simple mortel offre le seul kimono qu'il possède au pratiquant du Sutra du Lotus, le Bouddha l'accepte et lui accorde autant de prix qu'au don de sa propre peau [fait par un saint].

Vous avez offert ce kimono au Sutra du Lotus, qui se compose de soixante-neuf mille trois cent quatre-vingt-quatre caractêres et dont chaque caractêre est un bouddha. Par conséquent, il équivaut à soixante-neuf mille trois cent quatre-vingt-quatre kimonos. Et comme chacun de ces soixante-neuf mille trois cent quatre-vingt-quatre bouddha possède en lui-même la totalité des soixante-neuf mille trois cent quatre-vingt-quatre caractères du sutra, c'est comme si le kimono que vous avez offert se multipliait en autant de kimonos. C'est comparable, par exemple, à un champ couvert d'herbe, au printemps, de mille ri carrés. Si une étincelle, guère plus grande qu'un petit pois, enflamme un seul brin d'herbe, le feu se répandra à travers tout le champ, couvrant de flammes en un instant une immense étendue. Il en va de même pour ce kimono d'été. Il n'est qu'un, mais c'est comme s'il avait été offert à tous les bouddhas que sont les caractères du Sutra du Lotus.

Soyez bien convaincue que les bienfaits que vous procurera cette offrande rejailliront sur votre père, votre mère, votre grand-père et votre grand-mère, et jusque sur un nombre incalculable d'autres personnes, pour ne rien dire du mari qui vous est si cher.

Nichiren.

Le vingt-cinquième jour du cinquième mois.

ARRIERE-PLAN - Le 25 mai 1275, Nichiren Daishonin écrivit cette lettre au Mont Minobu et l'adressa à Sajiki Nyobo, l'une de ses disciples qui vivait à Kamakura. Sajiki Nyobo était, pense-t-on, l'épouse de Indo Saburo Zaemon Sukenobu, frère aîné de Ben Ajari Nissho, l'un des Six Moines aînés. On sait très peu de choses d'elle.
Vers la fin du printemps, Sakiji Nyobo eut la délicate attention de confectionner un kimono d'été pour Nichiren Daishonin. A l'époque, il vivait dans une région sauvage du Mont Minobu, endurant de nombreuses privations. Dans cette lettre, tout en remerciant du don de ce vêtement, Nichiren Daishonin explique la signification du don et les bienfaits qu'il entraîne, et fait l'éloge de la foi de Sajiki Nyobo. (Commentaire ACEP)

En anglais : The Offering of a Summer Robe

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=534&m=1&q=Offering%20of%20a%20Summer%20Robe
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_OfferingSummerRobe.htm

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