Réponse à Ko nyudo

(Réponse au moine séculier de Ko)

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. 7, p. 113; SG* p. 493.
Gosho Zenshu p. 1323 - Ko nyudo dono gohenji

Minobu, le 12e jour du 4e mois de 1275
à Ko nyudo et Ko-no-ama

J'ai bien reçu les algues comestibles, deux sacs d'amanori, dix feuilles de wakame, un sac de komo et les champignons que vous m'avez fait parvenir.

L'esprit humain est inconstant ; il est insaisissable, en perpétuel mouvement. Lorsque j'étais dans la province de Sado, j'ai trouvé merveilleux que vous ayez foi en mon enseignement et j'admire, plus encore, la sincérité qui vous a poussée, malgré la distance, à envoyer votre mari jusqu'ici. Nous vivons dans des provinces très éloignées et, les mois et les années passant, je craignais que votre croyance ne se relâche. Mais vous faites preuve d'une foi toujours plus forte et vous accumulez les actions méritoires. C'est sans doute le résultat de liens, entre nous, encore plus anciens que ceux que nous aurions pu tisser au cours d'une ou deux vies.

Il est difficile d'avoir foi dans le Sutra du Lotus. C'est pourquoi le Bouddha emprunte diverses formes, se changeant en un enfant, un parent ou une épouse pour nous inciter à croire en cet enseignement. Mais en ce qui vous concerne, vous êtes mari et femme, sans enfant. Il est dit dans le Sutra : "Les êtres humains en son sein [le monde des trois plans] sont tous mes enfants."(réf.) Par conséquent le Bouddha Shakyamuni, Maître de la doctrine, est sans doute un père bienveillant pour Ko nyudo et son épouse. Moi, Nichiren, je suis certainement votre enfant mais mon désir de sauver les habitants du Japon m'amène à résider pour le moment dans la région centrale du pays. Les actions méritoires que vous avez multipliées dans vos existences antérieures sont en réalité très précieuses.

Quand les Mongols envahiront le Japon, j'aimerais que vous veniez prendre refuge ici. Et, puisque vous n'avez pas de fils, quand vous serez très âgés, pensez à venir vivre auprès de moi. Il n'est pas possible de demeurer indéfiniment au même endroit. Considérez que l'ultime demeure est l'état de bouddha.

Avec tout mon respect,
Nichiren

Le 12e jour du 4e mois.

ARRIÈRE-PLAN - On pense que cette lettre a été écrite au Mont Minobu, le 12e jour du 4e mois de 1275. Il ne reste que deux gosho adressés à Ko Nyudo et à son épouse Ko-no-ama : celle-ci et la "Lettre à Ko-no-ama-Gozen " et nous savons très peu de choses à leur sujet.
Parce qu'ils vivaient dans la ville où se trouvait le siège du gouvernement de l'île de Sado, le mari était connu sous le nom de Ko nyudo, - le nyudo (religieux séculier) résidant au siège du gouvernement provincial (ko). Bien qu'elle fût adressée aux deux membres du couple, le contenu de cette lettre - en particulier l'éloge rendu par Nichiren Daishonin à Ko-no-ama qui avait envoyé son mari lui rendre visite, malgré la longue distance - suggère qu'elle lui était adressée à elle.
Durant l'exil de Nichiren Daishonin sur l'île de Sado, Ko Nyudo et sa femme l'avaient protégé et lui avaient présenté des offrandes, même quand cela leur faisait prendre des risques auprès des autorités locales. Et, lorsque Nichiren Daishonin se fut installé à Minobu, Ko Nyudo effectua ce voyage éprouvant depuis Sado - le parcours en était véritablement périlleux - pour lui rendre visite.
Les nombreux efforts que fit ce couple pour aider Nichiren Daishonin durant son exil sur l'île de Sado sont décrits plus en détail dans "Lettre à Ko-no-ama Gozen"
(Commentaire ACEP)

En anglais : Reply to Ko Nyudo ou Reply to the Lay Priest of Ko

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=491&m=1&q=Lay%20Priest%20of%20Ko
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_ReplyKoNyudo.htm

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