Pourquoi chaque école nichirénienne aménage-t-elle les consignes de pratique à sa façon ? *

original anglais

- Recommandations attestées dans les Lettres et traités de Nichiren

o Lecture des chapitres II et XVI du Sutra
o Récitation de Nam(u) Myo Ho Renge Kyo

Il faut se rendre compte que jusqu'à la fin du XIXe siècle, il n’y avait pas d’écoles nichiréniennes telles qu’elles existent aujourd’hui. Ces dénominations sont apparues lorsqu’un décret du gouvernement impérial japonais obligea les nombreuses lignées des écoles Nichiren de l’époque à fusionner. Dans le bouddhisme, en règle générale, chaque lignée est libre d’agir à sa guise. Bien que ces écoles suivent les traditions de leur lignée respective, des différences apparurent entre elles non seulement au fil du temps, mais aussi en raison de l’absence d'une autorité centralisée. Il n'y a pas vraiment de raison que quiconque se plaigne de cet état de choses. Le bouddhisme n'est pas basé sur une autorité qui se veut supérieure et n’est pas plus soumis à un système institutionnel impérialiste dictant des règles de conformité, comme c’est le cas dans l'Église catholique romaine. Chaque lignée a ses propres normes, et lorsque ces lignées se regroupèrent à la fin du XIXe siècle, elles mirent en place leurs propres écoles de formation initiatique ou leurs séminaires religieux ; c’est ainsi que chaque école put adopter des normes qui lui sont propres.

Je vois ici une idée préconçue sans véritable fondement, selon laquelle l’on devrait retrouver dans les écrits de Nichiren des recommandations ou une description sur la façon dont il forma ses disciples. C'est une erreur gravissime d’avoir de telles présomptions. Tout d’abord, nous ne disposons pas d’une collection complète des écrits de Nichiren. Il y a raison de croire que de nombreux écrits furent égarés ou perdus : des incendies accidentels ont pu en brûler certains ; d’autres furent détruits, ou des originaux ne furent tout simplement pas retrouvés parce qu'adressés à des personnes tierces qui ne les avaient jamais remis aux archives/trésors des divers temples chargés de préserver ces écrits jusqu’à ce jour. Ce qui me semble être encore plus important, c’est qu’il n’y avait absolument aucune raison pour que Nichiren laisse à ses disciples des instructions détaillées sur la façon de pratiquer, puisque c’est lui-même qui les avait formés. Une telle formation initiatique ne se transmet généralement pas par écrit. De façon générale, il semblerait que Nichiren ait poursuivi sa pratique dans la tradition du Tiantai , une pratique qui lui correspondait et lui servait de référence, en particulier pour sa propre compréhension du Sutra du Lotus . C'est pourquoi la majorité des préceptes de la Nichiren Shu (comme ceux des chants, les shomyo) sont en somme une continuation de la tradition Tiantai . Ces principes, qui restent cohérents avec d’autres liturgies d'Asie de l'Est, se concentrent avant tout sur le Sutra du Lotus. De plus, la mention qui dit que les chapitres II et XVI devraient être récités n’apparaît dans ses lettres seulement pour la raison suivante : Nichiren voulait inciter les laïcs à faire de leur mieux dans leur pratique quotidienne, ce qui ne signifie pas pour autant que Nichiren et ses disciples ne se consacraient pas à d'autres pratiques.

- Le passage du temps implique-t-il une nécessaire simplification ?

Du temps de Nichiren

Récitation des 28 chapitres du Sutra que Nichiren a synthétisée dans le daimoku
Certaines lettres à son disciple Shijo Kingo attestent que Nichiren invoquait des divinités brahmaniques, la lune et le soleil

Pour commencer, dites-vous bien qu'aucun de nous ne vit actuellement comme un moine ou une nonne pouvait vivre du temps de Nichiren et de ses disciples. Depuis la fin du XIXe siècle, aucun membre du clergé du bouddhisme Nichiren (mis à part le Nipponzan Myohoji ) ne se consacre à une vie monastique ; aucun de nous ne vit dans un temple ou un monastère. Il est alors évident qu’il est nécessaire d’adapter la pratique aux circonstances dans lesquelles on vit, raison aussi pour laquelle durent être simplifiés les rituels qui accompagnent la pratique des laïcs.

À mes yeux, la pratique essentielle réside dans le daimoku - comme l'a écrit Nichiren. Nous devrions nous y consacrer quotidiennement, en tant que pratique régulière. Si nous en avons le temps, nous pouvons aussi réciter une partie ou la totalité des textes [liturgiques] durant notre pratique quotidienne. Cela peut nous aider à mieux apprécier et approfondir la pratique du daimoku , ainsi qu’à cultiver l’intention et l’attitude justes, qui vont de pair avec le véritable esprit du daimoku et sont en accord avec le bouddhisme mahayana en général. Nous pouvons aussi nous consacrer à des pratiques plus ou moins élaborées [complexes], y compris la récitation du Sutra du Lotus dans son intégralité, selon ce que chacun estime être important et utile pour lui-même. Au temple du mont Minobu, les moines récitent chaque chapitre du Sutra du Lotus l’un après l’autre sur une durée d’un mois. Je pense cependant que ce genre de pratique de soutien ne devrait pas prendre plus de temps ou être plus importante que la pratique du daimoku. Mon shami, Ryugan, applique cette règle : la récitation du daimoku devrait occuper 51% du temps de notre pratique, et réciter le Hoben-pon, le Jiga-ge, le shomyo, ou dédier d'autres prières durant les 49% du temps qu’il nous reste. Bien que ce soit à mon avis une bonne moyenne, il ne s’agit cependant pas d’une règle de la Nichiren Shu. Le livre officiel de la liturgie Nichiren Shu (le Hoyo Shiki) recommande que le daimoku soit récité au moins 300 fois.

La Soka Gakkai a également beaucoup réduit son rituel

- Dans les années 1970, le texte du Gongyo était lu 5 fois le matin, 3 fois le soir ; le chapitre XVI dans son intégralité
- Aujourd’hui, il n’est plus lu qu’une seule fois matin et soir ; il ne reste plus du chapitre XVI que la lecture du Jigage

Au début, la Soka Gakkai préconisait ces pratiques du matin et du soir pour effectuer les mêmes pratiques que celles des moines du temple Taisekiji . Chaque matin, les moines s’acquittaient d’un service religieux dans le Hondo (salle principale), puis se consacraient à des pratiques plus courtes dans la salle du fondateur, la salle commémorative, ainsi que dans deux autres lieux. Un autre service intégral se tenait dans le Hondo le soir, cependant que deux services plus courts avaient lieu dans la salle du fondateur et dans la salle commémorative (je pense). Tous les autres temples du Japon suivent cette même formule, matin et soir : le service principal se fait dans le Hondo, et les services plus courts se déroulent dans les salles subsidiaires et les édifices religieux. Imiter les pratiques du temple dont des laïcs sont membres est un beau geste qui dénote de la piété, mais quant à prétendre que ce genre de pratique est nécessaire, voire recommandée par des instances supérieures, cela me semble ridicule.

En revanche, ce qui me semble sensé, c’est de se consacrer matin et soir à une pratique complète devant son butsudan , si l’on est en possession d’un Gohonzon. Ce genre de pratique quotidienne va bien au-delà de la façon dont la majorité des bouddhistes japonais se consacrent à leur pratique. Je trouve que la pratique quotidienne est une excellente idée, et s’y adonner équivaut à cultiver la spiritualité dans nos vies respectives. Quant à savoir à quel point notre pratique devrait être élaborée ou complexe, c’est vraiment à chaque pratiquant laïc de le décider pour lui-même (voir plus haut mes recommandations concernant Odaimoku et autres pratiques de soutien).

         - Mettre au point une pratique ralliant toutes les écoles en revenant aux fondamentaux ?

Nécessité intellectuelle de développer le mouvement nichirénien
Importance de

- garder un esprit ouvert et positif, altruiste ; l’esprit de recherche
- recentrer pratique et étude en tenant compte de notre époque
- revenir à des concepts bouddhiques d’actualité : esho funi, atteinte de l’éveil en cette vie, karma, etc.
- conserver des extraits de chaque Gosho important comme le fait la Nichiren Shu
- étudier les écrits de Daisaku Ikeda comme le fait la Soka Gakkai ?
- rechercher la cohésion

         Faire partie de quelque mouvement que ce soit

- Est-ce vouloir faire entendre sa vision personnelle, son ego ?

S’appuyer sur les textes initiatiques

- Shakyamuni : les Sutras
- Nichiren : ses lettres et traités
- Jésus : la Bible
- Le christianisme : les Evangiles

o Leurs commentaires = déjà des interprétations ?
o Le daimoku équivalant à l’intégralité du Sutra du Lotus = il contient tous ses enseignements
o Attention aux suppositions qui font prendre pour acquit ce que nous pouvons penser

Je pense que les gens ont beaucoup trop tendance à « se prendre la tête » par rapport à ceux qui veulent faire partie d'une organisation ou qui aspirent à une pratique standardisée/normalisée, qui tiendrait pour acquit que tout le monde comprend tout de la même manière. Une telle approche n’est absolument pas réaliste, j’irais même jusqu’à dire que c’est une pensée impérialiste. Les moyens habiles/appropriés dans la pensée bouddhiste reconnaissent que personne n’a la même capacité de compréhension, que les gens ont des tempéraments divers. Il existe de nombreux styles de pratique, différentes approches et divers outils [dans la pratique du bouddhisme], et cela s’applique également aux pratiques du bouddhisme Nichiren. Je suis parfaitement en accord avec le fait que chaque temple ait son style et une approche des enseignements personnelle. Je suis également à l’aise avec des gens dont le point de vue diffère du mien tant que ces personnes sont sincères, savent être raisonnables et faire preuve de courtoisie lorsqu'elles veulent en discuter.

J'ai moi aussi mes propres normes que je vous invite aujourd’hui à partager, car non seulement sont-elles issues de ma formation initiatique, mais aussi parce que j’ai découvert à quel point elles peuvent être utiles. Le paramètre qui me sert de norme est le suivant : quiconque veut suivre la voie du bouddhisme de Nichiren devrait

- prendre refuge dans les Trois trésors  ;
- vivre en accord avec la loi de cause et effet : s’abstenir de créer de mauvaises causes, des causes nuisibles ; s’efforcer de créer des causes salutaires/bénéfiques et, par la pratique du daimoku , purifier son esprit/cœur des Trois poisons  ;
- réserver une place primordiale à la récitation du daimoku dans sa pratique ‘externe’ (effort physique)
- réaliser que le but de la pratique ‘interne’ (spirituelle), c’est d’éprouver une joie profonde et avoir une confiance inébranlable dans le message du Sutra du Lotus, selon lequel chacun peut atteindre la bouddhéité et que la bouddhéité est à chaque instant à l'œuvre dans sa vie. C’est précisément dans cet esprit que nous devrions réciter daimoku, dans l’intention d’exprimer cette confiance et cette joie que nous inspire le Dharma Merveilleux.

Les pratiques subsidiaires ou de soutien comme les shomyo, dédicaces, vœux, récitations du Sutra du Lotus devraient servir à renforcer la pratique essentielle du daimoku et à mettre en pratique les engagements mentionnés ci-dessus.

Il ne suffit pas d'étudier le Sutra du Lotus ; encore faut-il le lire et étudier les Goshos , mais aussi étudier les textes auxquels se réfèrent le Sutra du Lotus et Nichiren, textes que les pratiquants sont censés connaitre, à savoir : les enseignements de base et la vie du Bouddha Shakyamuni (afin que l'on comprenne les Quatre nobles vérités , l’Octuple chemin , l'Origine dépendante ou les Douze liens causaux, les Six perfections, l'histoire des principaux disciples du Bouddha et d'autres personnages importants). Dans le cadre d’une telle étude, le Dhammapada s’avère être une collection de textes fort utile, qui traite des principaux concepts et des approches bouddhiques fondamentales.

En parlant des enseignements fondamentaux du bouddhisme mahayana , notons comme référence le Sutra du Cœur, le Sutra du Diamant et le Sutra Vimalakirti. Le Bodhicaryavatara de Shantidéva et l'Éveil de la foi dans le Mahayana attribué à Ashvagosha sont deux autres traités particulièrement utiles à cet égard.

Pour ce qui est des enseignements de base du bouddhisme tiantai, il existe des résumés dans la compilation des Enseignements de l'école Tendai de Gishin, ainsi qu’un Guide des quatre enseignements de Tiantai de Chegwan, de même que L'essentiel de la méditation bouddhiste de Zhiyi, et d'autres ouvrages de Zhiyi [qui sont peut-être aussi] disponibles en français. Sans oublier bien sûr l’étude du Sutra du Lotus [Le Révérend se réfère ici à un ouvrage en anglais intitulé « Threefold Lotus Sutra », publié aux éditions Kosei en 2019 et traduit par Michio Shinozakai, Brook A. Ziporyn et David C. Earhat. Pour une version française du Sutra du Lotus, voir la traduction de J.-N. Robert aux éditions Fayard paru en 1997 ; https://www.nichiren-etudes.net/fiches/robert.htm ].

Si l’on ne se consacre pas à l’étude des textes susmentionnés, on ne sera pas en mesure de comprendre les enseignements et l'intention du Bouddha Shakyamuni ; on aura aussi du mal à pratiquer correctement et à comprendre les enseignements ; on pensera à tort que ses propres hypothèses, préjugés ou idées reçues non bouddhistes (qu’elles soient chrétiennes ou athées, New Age ou occultes) peuvent servir à mieux comprendre la pratique ainsi que les enseignements. Sans étudier en profondeur les textes précités, l’on devra s’en remettre, voire se fier aux interprétations de moines ou de dirigeants [responsables] laïcs qui n’ont pas suivi de formation, ou n’ont pas encore une assez bonne maitrise des concepts que traitent ces ouvrages, pour comprendre les enseignements du Bouddha.

Dans cet esprit, efforcez-vous de trouver un enseignant/maître/professeur compétent qui peut vous aider dans vos études et vous assister afin de renforcer votre pratique. Mais il ne faut pas trop dépendre de lui ou d’elle, et il faut surtout trouver d'autres personnes avec qui pratiquer. C'est en cela que réside le vœu de prendre refuge dans le Sangha. C'est pour cela que le Bouddha dit à Ananda que les bons amis (y compris les maîtres, les sympathisants et les compagnons de pratique) représentent bien plus que la moitié de la durée d’une vie qui, par nature, est sacrée  (sachant que le bouddhisme considère chaque vie comme étant le trésor le plus précieux qui soit) : ces amis-là représentent l’intégralité de cette vie sacrée. Faire partie d'un Sangha signifie partager sa foi, sa pratique et ses connaissances avec les autres de façon harmonieuse. Cela peut aussi vouloir dire qu’on adhère de façon formelle à un groupe comme la Nichiren Shu, mais que le but d’une telle adhésion ne devrait pas être de devenir membre d'une quelconque institution. L’objectif essentiel d’une institution (comme la Nichiren Shu) est d’offrir aux groupes de pratique et aux temples son soutien afin que chacun effectue son travail. Ce n’est pas comme si tout le monde devait faire partie d’un même Sangha , mais plutôt que chacun prenne refuge dans le Sangha de son choix pour contribuer à la vie de ce Sangha (et soutenir ainsi ses/ces membres dans leur pratique).

Est-il lâche d’avoir du mal à s’engager, voire de refuser d’adhérer ?

Cf. l’histoire du développement de l’école nichirénienne

- Aucun successeur en nom, mais Six moines aînés que Nichiren rend responsables de son enseignement et de la diffusion de cet enseignement.
-Nichiren se méfiait-il déjà de la puissance et des méfaits de l’ego?
- Nikko ne fut jamais désigné successeur en chef; la lettre qui l’atteste serait un document apocryphe

Quid de la « Cérémonie d’Ouverture des yeux » (remise de Gohonzon) ?

Il est évident que Nichiren se méfiait du pouvoir et de l'ego. Il semblerait, en outre, que la plupart des monastères d'Asie de l'Est étaient administrés par six officiants principaux. C'est peut-être pour cette raison que Nichiren a choisi six successeurs en espérant qu'ils travailleraient ensemble. Quoi qu'il en soit, je me soucie peu des querelles privées ou des malentendus entre moines bouddhistes qui se sont passés il y a 700 ans. Ce qui me préoccupe, c'est de savoir comment nous pouvons personnellement nous entraider et utiliser au mieux ces enseignements. D'ailleurs, je me préoccupe peu de la Nichiren Shu en tant qu'institution, mais pour ce qui est de mon Sangha, je suis soucieux de lui transmettre fidèlement ses rituels ainsi que leur mode d’exécution traditionnelle [Nichiren Shu].

Quant à la Cérémonie d'ouverture des yeux, c'est une cérémonie dont chaque école bouddhiste détient ses propres clés [rituels célébrés à sa façon] ; même les Theravada ont leurs propres rites. Il semblerait que traditionnellement ce genre de cérémonie ait été accompli par des moines ou des membres du clergé. D'après les lettres de Nichiren, je suis sûr qu'il croyait que le clergé bouddhiste s’acquitterait toujours de cette tâche. Il se peut aussi que ce soient les membres d’un Sangha qui déterminent eux-mêmes le type de cérémonie qui leur convient. Etant donné que je suis affilié à la Nichiren Shu, je conduis cette cérémonie comme le prescrit la Nichiren Shu. Ceux qui souhaitent pratiquer selon la Nichiren Shu devraient également s'attendre à devoir accepter de pratiquer selon ses rites traditionnels. Bien que je sois très heureux d'aider quiconque à rejoindre la Nichiren Shu d’une manière formelle en recevant un Omandala lors d’une cérémonie Jukai, j’apprécierais tout autant d’accueillir toute personne qui voudrait simplement pratiquer et étudier avec moi de manière informelle. Cependant, mes propres efforts seraient récompensés si quelqu’un décidait de devenir membre de mon Sangha, le groupe bouddhiste Nichiren de la baie de San Francisco. Je souhaiterais [en effet] que mon groupe soit intégré. Pour ce faire, j'ai besoin que des membres cotisants deviennent des membres officiels de la Nichiren Shu, afin qu’ils soutiennent le groupe et s’engagent dans le travail qui s’y fait en devenant partie intégrante du Sangha et de là, qu’ils soient éligibles pour devenir membre de notre conseil d'administration. C'est ce qui me préoccupe quand je pense à mon groupe local. Pour ce qui est du groupe international, je serais également heureux de vous aider à renforcer votre pratique et faciliter votre adhésion à la Nichiren Shu. Je voudrais à ce propos m'excuser de répondre généralement aux courriels avec un certain retard. Je m’emploie à mieux faire.

Quant à savoir s'il est lâche d'avoir du mal à adhérer à un groupe ou de refuser d'adhérer à un groupe, je dirai ceci : il est judicieux d'être méfiant et prudent. De nombreux groupes sont dysfonctionnels ou même toxiques. Ces groupes sont souvent administrés par des individus motivés par leur ego ou enclins au sectarisme. Cependant, je persiste à croire que prendre refuge dans le Sangha signifie essayer de trouver un moyen de travailler avec d'autres bouddhistes. Rappelez-vous : nous sommes des bouddhistes mahayana, non des bouddhistes pratyekabuddha (ceux qui se sont éveillés pour eux-mêmes).

Adhérer à quelque chose est pourtant porteur d’une symbolique d’harmonie

Tous deux initialement membres de la Soka Gakkai, le révérend McCormick est devenu moine Shu ; son disciple Mark Herrick l’a choisi pour maître pour devenir lui aussi moine Shu

Malgré son appartenance, le Révérend

- garde un esprit très critique, analysant en profondeur tous les sutras auxquels fait référence Nichiren pour comprendre la conviction qu’il avait dans le Sutra du Lotus ; pour étayer sa propre réflexion et en faire part avec la plus grande objectivité possible
- reste un révolté, pouvant être considéré comme un trouble-fête par sa propre hiérarchie

Honnêtement, je pense que la hiérarchie Nichiren Shu m'accorde bien peu d’importance. Et j'aimerais bien qu’à l’avenir les choses en restent là. Il est toujours mieux de demander pardon que de demander la permission.

  • Il propose en outre la lecture scandée en français (appelée à tort « chant grégorien ») de textes faisant partie du rituel Shu
  • Il fait cela dans l‘intention de nous donner l’occasion de participer à ce rituel et non pas pour  nous l’imposer

Oui, en effet, j’aimerais que les gens puissent participer davantage et ne se sentent pas seulement simples observateurs. Quant au « chant grégorien », je suis désolé de ne pas avoir utilisé le mot juste. Ce que je voulais dire, c'est que la liturgie doit être intonative et pas seulement lue comme s’il s’agissait d’un texte ordinaire.

Quant aux dernières questions du compte rendu, je pense devoir vous laisser chercher vous-même les réponses puisque je ne peux présumer y répondre à votre place.

* * *


Thank you for sending these to me. I really appreciate it. I am going to answer these questions in this email with hopes that you can translate them and share them at our next meeting. I can then answer any follow up questions. 

Why does each Nichiren School feel the need to set up its own practice guidelines?

- Are there not recommendations in the Letters and Treatises that Nichiren left to attest to the right way one should practice and what rules should be followed?

We know we should all be

o Reading chapters II and XVI of the Lotus Sutra

o Recite Nam (u) Myo Ho Renge Kyo

- In due respect to these instructions, it nevertheless appears that each school adds other rituals of their own

 


What has to be understood is that there were no Nichiren schools like there are in the present day until the late 19th century when the Imperial government of Japan forced a consolidation of the many lineages of Nichiren Buddhism. Generally in Buddhism each lineage is free to do things in their own way. Though they generally follow the traditions of their respective lineages, over the years and due to their being no centralized authority there will of course be differences. There is nothing about this that should upset anyone. Buddhism is not like the Roman Catholic Church where there is a top-down authority and imperialistic institutional system imposing conformity. Each lineage has its own standards and when these lineages banded together in the late 19th century they formed their own training schools or seminaries so that each school had its own standars. 

I see an unwarranted presumption here that all of the ways in which Nichiren trained his disciples should be found in his letters. It is a very serious error to think this. First of all, we don't have everything Nichiren wrote. Many writings would inevitably have been lost - simply through accidental fires and other mishaps or simply because they were written to individuals and never collected into the various temple treasuries that now preserve them. More importantly than that, there would have been absolutely no reason to write detailed instructions to his disciples as he trained them personally. Such training would not, generally, have been written down. For the most part, it would seem that Nichiren continued those traditions of Tendai practice that suited his own particular approach to the Lotus Sutra. That is why much of what Nichiren Shu does (like the shomyo) are continuations of Tendai tradition that are consistent with East Asian liturgy generally and a focus on the Lotus Sutra in particular. Also, things like chanting 2 and 16 are only mentioned in his letters because he is praising lay people who are doing whatever practices they are capable of. This does not mean that Nichiren and his disciples did not do other practices.

- Does time passing [ever since Nichiren’s lifetime] imply that it is necessary to simplify [rituals and practice principles]?

o In Nichiren's time

  • One read and recited all of the 28 chapters of the Lotus Sutra – which Nichiren then synthesized in the Odaimoku
  • In some letters to his disciple Shijo Kingo, Nichiren invoked Brahmanic deities, the moon and the sun, etc. (meaning that sometimes one may wonder of the mystical inclinations Nichiren’s earlier texts were inspired by).
First of all, none of us are monks or nuns like Nichiren and his disciples were. Since the late 19th century virtually none of the Nichiren Buddhist clergy in any of the forms of Nichiren Buddhism (with the exception of Nipponzan Myohoji) are living a monastic lifestyle. None of us are living in temples or monasteries. So of course we are going to have to adapt the practices to our present-day circumstances. That would of course include simplifying things for daily lay practice. 

What makes sense to me is this - as Nichiren wrote the most essential practice is Odaimoku. We should at least do that much everyday as a regular practice. If we can, we can do part or all of the basic daily service. This helps us more deeply appreciate the Odaimoku and cultivate the right intentions and attitudes that we should have that are in line with the true spirit of the Odaimoku and Mahayana Buddhism generally. We can do more or less elaborate services or practices as we each personally find meaningful and helpful - including chanting all of the Lotus Sutra. At Mt. Minobu the priests recite the whole Lotus Sutra a chapter at a time over the course of a month or so. However, I believe that we must not let these supporting practices become more important or take more time than the Odaimoku practice itself. My shami, Ryugan, has a rule - 51% of our formal practice at least should be Odaimoku chanting - the rest can be reciting the Hoben-pon, Jiga-ge, shomyo, and other dedications. That is not, however, a Nichiren Shu rule, but I think it is a good standard. The Nichiren Shu official liturgy book (the Hoyo Shiki) recommends chanting the Odaimoku at least 300 times. 

o Currently The Soka GakkaI also drastically shortened gongyo and selected passages of the Lotus Sutra.

  • In the 1970s, Gongyo texts was read 5 times in the morning, 3 times in the evening and Chapter XVI in its entirety
  • Today, these texts aree read only once in the morning and once in the evening; Jigage is all that remains of chapter XVI
The Soka Gakkai was initially copying the morning and evening practices of the priests at Taisekiji. Every morning the priests there would do a full service in the Hondo (main hall), then shorter services at the founder's hall, the memorial hall, and two other places. In the evening another full service would be done at the Hondo, and two shorter ones at the founder's hall and the memorial hall (I think). This is just like every other temple in Japan where a main service is done in the Hondo morning and evening, and shorter services at subsidiary halls and shrines. For laypeople to imitate the practices of the temple they are members of is a nice pious gesture, but to say that it is necessary or even recommended is ridiculous. 

What makes sense is that if one has a butsudan set up, to simply do one full service there in the morning and evening. Even that is much more than most Japanese Buddhists would ever do. For our personal spiritual cultivation I do think it is a good idea. As to how elaborate such a service should be, that is something each lay practitioner should decided on their own, but see my recommendations above concerning Odaimoku and other supportive practices.

Would it be possible to develop a practice that could rally all schools if an agreement on returning to the basics would be reached?

o Intellectual need to develop/go deeper in the Nichiren movement

o It is important to

  • keep an open and positive, altruistic mind; kindle one’s spirit of research
  • refocus practice and study taking into account our present time/conjuncture
  • return to current Buddhist concepts: Esho Funi, attainment of awakening in this life, karma, etc.
  • refresh and take to heart extracts of each important Gosho, as does the Nichiren Shu
  • study the writings of Daisaku Ikeda[ Human Revolution], like the Soka Gakkai does?
  • Seek to attain a sense of cohesion

Why would one choose to become a part of any type if movement?

- Is it because one wants to project one’s personal vision, or to have one’s ego heard?

o One must rely on those texts opening a way to initiation.

  • Shakyamuni: the Sutras
  • Nichiren: his letters and treatises
  • Jesus: the Bible
  • Christianity: the Gospels

o Commentaries there upon = are they already an interpretation of what was initially meant?

o The Odaimoku encompasses the entire Lotus Sutra = it contains all of its teachings

o Beware of assumptions that take for granted what we may be thinking



I think people are way too obsessed with everyone trying to be part of one organization or having a single standard practice or even understanding. This is extremely unrealistic and I would even say imperialistic attitude. The Buddhist teaching of skillful means recognizes that not everyone has the same capacity or temperament. Buddhism, even Nichiren Buddhism, has many different styles and approaches and tools. I am perfectly okay with each temple having its own style and approach. I am okay with people having different views as long as they are sincere, reasonable, and civil when discussing them. 

Now, I have my own standards that I invite people to adopt because they are a result of my own training and what I have discovered to be most helpful. My own standard is that people who want to follow the path of Nichiren Buddhism should:

Take refuge in the Three Treasures

Live in accord with the law of cause and effect - refrain from making unwholesome causes, make wholesome causes, and purify your mind/heart of the three poisons through Odaimoku practice. 

Make the chanting of Odaimoku the primary external practice. 

Realize that the primary internal practice is to experience a deep trust and joy in the message of the Lotus Sutra that all beings can attain buddhahood and that buddhahood is at work in our lives in every moment. Chanting Odaimoku is about expressing such trust and joy in the Wonderful Dharma.

Supportive practices like shomyo, dedications, vows, the chanting of the Lotus Sutra should be done to the extent that it helps one to practice the Odaimoku itself and do the above things.

To study the Lotus Sutra requires not just reading the Lotus Sutra and the gosho but studying those things which the Lotus Sutra and Nichiren's writings assume that practitioners already know:

The basic teachings and life of Shakyamuni Buddha (so that one understands the four noble truths, eightfold path, dependent origination, the six perfections, and the story of the Buddha's major disciples and other important figures). The Dhammapada is an esp. helpful supplement for such a study as it covers basic Buddhist insights and attitudes. 

The basic teachings of Mahayana Buddhism as found in the Heart Sutra, the Diamond Sutra, and the Vimalakirit Sutra. Two treatises that are especially helpful in this regard would be the Bodhicaryavatara by Shantideva and the Awakening of Faith in the Mahayana attributed to Ashvagosha.

Basic teachings of Tiantai Buddhism as summarized in the Collected Teachings of the Tendai school by Gishin, a Guide to the Tiantai Fourfold Teachings by Chegwan, and The Essential of Buddhist Meditation by Tiantai Zhiyi, and other works by Tiantai Zhiyi as available. 

And of course a study of the Threefold Lotus Sutra itself. 

Without studying the above works, one will not be able to understand the teachings and intent of Shakyamuni Buddha, will misinterpret the practice and the teachings, will mistakenly interpret the practice and teaching by one's own non-Buddhist assumptions (such as Christian or atheistic or New Age or occult), or else one will have to rely on the interpretations of priests or lay leaders who may themselves not have a good background or understanding for understanding the teachings. 

One should do one's best to work with a competent teacher who can help you in your studies and practice but without being overly reliant on them, and one should find other people to practice with. That is the whole purpose of taking refuge in the Sangha. It is why the Buddha told Ananda that good friends (which includes mentors, supporters, and fellow practitioners) is not just half of the holy life but the entirety of it. Now being part of a Sangha means sharing one's faith, practice, and study with others harmoniously. It can mean formally joining a group like Nichiren Shu, but it is not primarily about being a member of an institution. The real point of institutions (like Nichiren Shu) is to support practice groups and temples to do their work. Not everyone has to be part of the same Sangha, but people should take refuge in the Sangha and also be a contributing member of a Sangha (and thereby help support others in their practice). 

- Is it cowardly to have trouble adhering [to a movement], or even refusing to join [a group in faith]?

o See the development of the Nichiren’s school(s)

  • No successor (Nichiren did not name a successor), but Nichiren made Six elder monks responsible for ‘correct’ transmission of his teachings.
  • Was Nichiren already wary of the power and the evils the ego can be the source of?
  • Nikko was never appointed as the main successor; it seems that the letter attesting to it is an apocryphal document…

O What about the ceremony of the "Opening of the Eyes" (transmission of the Gohonzon)? / What is its importance – must one go through it in order to practice correctly?



Of course Nichiren was wary of power and ego. Also, most monasteries in East Asia seems to have had around six main officers. Perhaps that is why he chose six successors hoping they would work together. Anyway, I deeply don't care at all about the private feuds and misunderstandings between Buddhist monks 700 years ago. What I am concerned with is how we personally can help each other and make best use of these teachings. For that matter, I am not even that concerned with Nichiren Shu as an institution, but as my Sangha I am concerned with faithfully passing on its traditions and following its traditional ways of doing things. 

As for the eye-opening ceremony, it is something all Buddhist schools do in various ways, even the Theravada. It seems to be something all schools traditionally have done by the monastics or clergy. I am sure from Nichiren's letters that he also assumed that Buddhist clergy would always do these things. Now each Sangha can determine for itself how to do such things. As I am in Nichiren Shu, I will do things the Nichiren Shu way. Those who wish to practice the Nichiren Shu way should also expect to do things the traditional way. Though I would be happy to help people formally join Nichiren Shu by taking Jukai and receive an eye-opened Omandala, it is okay with me if people just want to informally practice and study with me. However, it does really help me in my own efforts if people become members of my Nichiren Buddhist Sangha of the San Francisco Bay Area. I would like to incorporate my group. To do that I need dues paying members, formal Nichiren Shu members who will regularly support our work and would be eligible to serve on our board of directors. This is my concern for my local group. For the international group I would also be happy to facilitate practice and membership with Nichiren Shu though I will apologize in advance if I am sometimes slow to respond to emails. I am trying to get better about responding.

As for whether it is cowardly to have trouble adhering to a group or refusing to join a group I will say the following: it makes good sense to be wary and cautious. A lot of groups are dysfunctional or even toxic and have leaders who are driven by ego or sectarianism. However, I think taking refuge in the Sangha does mean trying to find a way to work with other Buddhists. Remember, we are Mahayana Buddhists, not pratyekabuddha (privately-awakened ones) Buddhists.

- Adhering to something [a school of thinking] nevertheless contains the promise of a symbolic harmony

o Reverend McCormick and his Shami Mark Herrick were initially members of the Soka Gakkai, Reverend McCormick chose to become a Nichiren Shu monk and Mark chose Michael as his master to also become a monk with the Nichiren Shu

o Regardless of this lineage [or adherence to the Nichiren Shu structures], Reverend McCormick

  • has developed a critical mind, he makes in-depth analysis of the sutras referred to by Nichiren, with view to better understand Nichiren’s conviction in the Lotus Sutra [based on these references], as well as to substantiate his own thinking and further share his findings as objectivity as possible
  • remains a rebel [in heart], could be that his own hierarchy considers him as such

My honest feeling is that the Nichiren Shu hierarchy does not really pay much attention to me. I would generally like to keep it that way. It is always better to ask forgiveness than to ask permission.

How should we understand his instructions/recommendation?

  • Among others, he suggests we chant the French texts of the Nichiren Shu prayers [with a revering intonation, wrongly referred to as "Gregorian chanting"] 
  • His suggestion comes from his desire to give us an opportunity to participate in this ritual rather than in the intention of imposing it to us

Yes, I do want people to be able to participate more and to not feel like mere observers. As for "Gregorian chanting" I am sorry if I am not using the correct terminology. My point is that the liturgy should be intoned and not just read in regular speech. 

I'll have to let you all answer the last questions on your own. I would not presume to answer them for you. 

Namu Myoho Renge Kyo,
Ryuei

 

Retour
haut  de la page