CR du 14 février 2021

Réflexions faisant suite à l’intervention du Révérend Ryuei McCormick

 

Nature de Bouddha

 

Cf. CR du 7.2.21

Bonno expliqués comme devant être résolus plutôt qu’apaisés

    • La démarche bouddhique s’effectue en effet dans l’altérité dans laquelle « réaliser ses désirs » est un moyen, non un but
    • C’est à travers les vertus développées par le bouddhisme d’altruisme et de compassion que nous  pouvons les réaliser
    • « Réaliser ses désirs » est également nécessaire pour parvenir à la bodhéité : à mettre en parallèle avec la parabole de la « Cité magique » dans laquelle le Bouddha propose des moments de repos pour que ses disciples recouvrent leurs forces et poursuivent leur quête

Néanmoins, ne pas confondre « bonno » (troubles, défilements  (note) avec désirs 

    • Il existe 108 bonnos (matérialisés par les 108 perles de notre Juzu, chapelet bouddhique)
    • Ces bonnos viennent de notre attachement aux désirs
      • Ex. : se nourrir, une action nécessaire, ne correspond pas à un bonno. En revanche, une relation à la nourriture problématique est « bonno »
      • Ces bonnos, plus particulièrement présents dans les quatre premiers mondes-états, correspondent aux Quatre Voies mauvaises
    • Quel est le désir profond d’un bouddhiste ?
      • Celui d’atteindre la bodhéité (cf. Les Quatre grands vœux/serments du bodhisattva)
      • Or, un trop grand attachement aux désirs nuit à l’objectif d’atteindre la bodhéité
      • Elargir ses désirs 
        • Se demander pourquoi nous avons envie ou voulons telle ou telle chose
        • Eviter de dicter son désir au Gohonzon (note) car notre vie profonde sait ce dont elle a besoin

« Bonno soku bodai » : troubles et souffrances nous conduisent à rechercher la bodhéité

    • Deux positions, voire conceptions du bonheur quant au désir
      • Vouloir réaliser tous ses désirs, alors que certains sont irréalisables ou ne peuvent l’être
      • Refouler ses désirs
    • Le bienfait (kudoku) de la pratique
      • Se rendre compte qu’un désir n’est pas viable ou réalisable
      • Comprendre les raisons de ce désir, comprendre celles de son non-lieu
  • Sujet d’une extrême importance pouvant entraîner l’arrêt de la pratique une fois le désir réalisé, si le mot « désir » n’est pas bien compris

Théorie des dix mondes-états : une caractéristique du bouddhisme de Tiantai et de Nichiren

    • Le bouddhisme du Lotus enseigne qu’il n’existe aucune différence entre les personnes
      • Toutes possèdent la graine de bodhéité
      • Toutes ont des soucis
      • En revanche, c’est leur ouverture d’esprit, leur curiosité, qui n’est pas nécessairement la qualité la mieux partagée, qui les guidera vers le bouddhisme 
    • Un bodhisattva a été bouddha mais, comme nous, il ne s’en souvient pas. C’est un être qui  s’est engagé dans une démarche librement choisie
    • Etat de bouddha
      • Etat de profonde compassion et de sagesse, de profonde extase et d’harmonie
      • Etat qui surgit de soi et existe dans chacun des neuf autres mondes-états 
    • Paradoxe ! En tant que pratiquant, ce sont souvent les difficultés qui, ébranlant notre foi-confiance, nous font nous rapprocher de ses deux autres aspects : l’étude et la pratique, piliers indissociables au renforcement de notre foi
      • Etre à ce titre reconnaissant d’avoir rencontré le bouddhisme et de pouvoir le pratiquer ; ne pas omettre d’en remercier les divinités bouddhiques !
      • En effet, beaucoup de personnes non bouddhistes ont un quotidien tel qu’elles pensent qu’elles n’en auraient pas le temps, obligées de pourvoir à leur subsistance
      • Le Lotus enseigne également que nous pratiquons en raison de la trajectoire que nous effectuons depuis « le passé infiniment lointain ». Ainsi notre bonne fortune est-elle en quelque sorte « normale ».

En réaction à ce conseil émis par le Révérend quant à l’attitude juste à adopter quand on pratique pour la souffrance des autres

 

 « En se mettant devant le Gohonzon, nous ouvrons également notre cœur : parler au Gohonzon, lui exposer ses problèmes, ses difficultés, lui demander de l’aide, et surtout lui faire confiance ! » semble résider quelque chose de vaguement gênant qui pourrait signifier être comme agenouillé devant une croix

    • Notre culture étant d’origine chrétienne
      • Tendance à recourir inconsciemment à un Tout-Puissant
      • Autrement dit, risque de penser que le Gohonzon est tout-puissant, ce qu’il n’est pas, et traduit une attitude d’esprit difficile à abandonner 
    • Toutefois, quelle que soit la croyance, même si dévoyée, celle-ci permet de déplacer les montagnes !
      • Croyance bouddhique ne ressemble cependant en rien à croyance chrétienne/catholique
      • Car le bouddhisme met l’accent sur
        • La progression/l’évolution intérieure, et la confiance dans l’existence de son état de bouddha
        • Il enseigne que possédant toutes les fonctions de la nature, même celles de Kishimojin, la mère dévoreuse d’enfants, nous sommes de ce fait des êtres autonomes pouvant faire appel à nos propres fonctions et étant ainsi responsables de nous-mêmes 
      • La pratique que nous effectuons a pour nom « Gongyo » dont une partie de cette cérémonie rend hommage aux Trois Trésors que sont le Bouddha, le Dharma et le Sangha par lesquels le pratiquant se relie à tous les enseignements bouddhiques.
    • Le Gohonzon n’est pas Dieu, mais le Dharma qui existe dans les tréfonds de chacun
      • C’est pourquoi notre pratique devrait avoir pour fonction d’harmoniser notre inconscient avec notre conscient ; nos désirs avec la compréhension que nous avons de ces désirs
      • Pratiquer devant le Gohonzon, le rencontrer, c’est découvrir, voire révéler notre intimité, notre nature véritable
        • Il existe en effet des désirs contradictoires : pratiquer pour autre chose que ce qu’est notre vraie nature, pratiquer pour un désir qui n’est pas le nôtre mais lié à notre culture, à notre famille, à une idée que nous pouvons avoir de nous-même, etc. 
        • « Exposer ses problèmes au Gohonzon »,
          • C’est, à la différence d’entrer dans une église et de s’adresser au « Bon Dieu » (autrement dit de demander quelque chose à quelqu’un d’extérieur à nous-même), de trouver au fond de soi notre demande réelle et de l’exprimer au Gohonzon ;
          • C’est, dans une situation de vie ou de mort, nous contraindre à abandonner nos doutes et à sortir de soi (note). Autrement dit, il n’existe aucune souffrance qui ne fasse pas partie du Gohonzon ou, en d’autres mots, tout est dans le Gohonzon. 
        • La difficulté est d’arriver à identifier notre problème, à le mettre en mots, raison pour laquelle il importe d’attirer et de faire venir la lumière (note) du Gohonzon sur ce problème.

Pour résumer : quelle attitude s’efforcer d’avoir devant le Gohonzon ?

    • Soi-même = reflet en miroir du Gohonzon
    • Savoir
      • Pointer du doigt son problème, mettre en évidence ce qui nous empêche de nous développer et de voir CE problème
      • Prendre de la hauteur : se rappeler que le Gohonzon représente une tour très, très vaste et très, très haute ! (note)  
    • Parler au Gohonzon, c’est aussi
      • Savoir faire preuve de modestie et d’humilité
      • Savoir faire le clair pour dissiper ses doutes (note)
      • Faire confiance au Gohonzon, à savoir faire confiance au meilleur ami que nous puissions avoir. A ce titre, Nichiren est un fin psychologue d’avoir conçu un tel objet de culte car tous avons besoin d’un bon ami auquel nous confier.
      • Rejoindre Shakyamuni en tant que « modèle de comportement humain (note)  »
      • Réaliser notre cohésion personnelle (itai doshin) en harmonisant inconscient et conscient

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