Rencontres avec Bay Area

Compte rendu par Béatrice et Alice


Première renncontre francophone avec le Révérend McCormick, moine de la Nichiren Shu

8 novembre 2020 - 9h-11h

Avant d’entamer la pratique le Révérend McCormick a demandé si nous connaissions le livre de pratique « bleu » qu’il montra sur son écran. Il s’agit d’un Kyobon [livre de pratique/Dharma book] de la Nichiren Shu [USA] dont les prières sont en anglais

Gongyo simplifié 

Invocation (Kanjo) : expression de notre respect envers les Bouddhas Shakyamuni et des Dix directions, etc.
Versets d’ouverture du sutra (Kaikyoge) : Il est difficile de rencontrer ce Sutra…
Lecture des chapitres Hoben Pon & Jigage
Récitation de Odaimoku
Expression de sa reconnaissance envers les Bouddhas, les fonctions protectrices de l’univers, etc.
Lecture des Quatre Grands vœux du Bodhisattva

Après avoir consulté son calendrier, le Révérend proposa que nous nous rencontrions une fois par mois, par exemple le premier dimanche du mois. Notre prochaine rencontre est donc fixée au 6 décembre (2 jours avant la date anniversaire de l’Éveil de Shakyamuni)

Lors de cette prochaine rencontre, il souhaite introduire les chants traditionnels d’ouverture et de fermeture (shomyo) de la cérémonie façon Shu du Gongyo.

Présentation des 18 participants

Afin de mieux connaître son auditoire, le Révérend demanda que l’on se présente à tour de rôle en mentionnant combien d’années de pratique nous avions, d’où nous venions et comment nous avions rencontré le bouddhisme (il précisa cependant que peu importe le nombre d’années de pratique que certains d’entre nous puissions avoir, tout le monde est bienvenu à ces rencontres).

Une fois les présentations faites se distinguent 2 groupes :

  1. Celui des « anciens » pratiquants qui ont pour majorité débuté dans la Nichiren Shoshu, (alias Soka Gakkai quelques années plus tard), et ont reçu le mandala Gohonzon (objet vénérable de culte) et participé à la Cérémonie d’ouverture des yeux (Gojukai) ; certains pratiquent déjà au sein de la Nichiren Shu depuis un certain temps.

  1. Celui des « nouveaux » ayant fait la connaissance d’un pratiquant, ou ayant eu une démarche personnelle et pris connaissance du site www.nichiren-etudes.net

Pour les sujets que nous pourrions aborder ensemble satisfaisant au mieux chacun, il propose de s’appuyer sur la nouvelle version de son ouvrage Fleur du Dharma qu’il est en train de réécrire (ce livre qui ne vit jamais le jour aux États-Unis fut traduit à l’époque et à son initiative par Isabelle Kolitcheff, de même que publié pour la première fois en France (note) par ses soins). Ecrit en 1998, Fleur du Dharma parait en effet à son auteur aujourd’hui trop porté sur la doctrine, et ne mentionne pas la relation entre des concepts bouddhiques et la pratique [quotidienne]. Ayant approfondi ses connaissances et acquis une plus grande expérience pratique, il veut que cet ouvrage soit bien plus concret.

Il nous en enverra donc des passages qui, une fois traduits, seront retransmis à l’ensemble des participants en prévision des prochaines rencontres : commentaires, questions et discussion s’articuleront autour de ces extraits. Gardons surtout à l’esprit qu’avoir lu ou pas Fleur du Dharman’est pas une condition pour se joindre aux futures rencontres !

Question

Comme il restait un peu de temps furent posées quelques questions dont toutes ne pouvaient être débattues, notamment celle concernant la 9conscience (cf. théorie des 9 consciences).

En revanche, le Révérend commenta (note) assez longuement la question suivante : pourquoi les écoles nichiréniennes ont-elles un avis différent sur l’identité fondamentale de Nichiren ? Son texte  La Véritable réalité de la vie dit en effet ceci : « Les deux Bouddhas Shakyamuni et Taho ne sont que des fonctions du Bouddha fondamental, tandis que Myoho Renge Kyo est le bouddha fondamental. »

Oralement d’abord

McCormick répondit qu’il existait effectivement une grande confusion de points de vue en raison de la nature des Trois Corps du Bouddha. Or le chapitre XVI du Sutra du Lotus parle du Véritable Bouddha (note). Il ajouta qu’il fallait avoir de bonnes connaissances sur le bouddhisme pour comprendre l’évolution des écrits de base et des enseignements.

Par écrit ensuite

Honzon of Tendai/Nichiren is the Eternal Shakyamuni Buddha who has all three bodies - the Dharma-body or Reality-body, the reward-body or idealized body of the Pure Land, and the accommodative-body or historical person. In other schools only Dharma-body has no beginning or end. But in Tendai and Nichiren teaching all three bodies of the Eternal Shakyamuni Buddha have no beginning and no end.

Le Honzon (objet de culte) de Tendai/Nichiren est le Bouddha Atemporel Shakyamuni qui possède les Trois Corps – le Corps du Dharma ou le Corps de la Réalité, le Corps de Rétribution ou Corps idéalisé de la Terre Pure, et le Corps Manifesté ou celui d’un être historique. Dans les autres écoles, seul le Corps du Dharma est considéré comme n’ayant ni début ni fin. Mais dans le bouddhisme Tendai et dans l’enseignement de Nichiren, ce sont les Trois Corps du Bouddha Atemporel Shakyamuni qui n’ont ni commencement ni fin.

This is because no phenomena from the ultimate view has a beginning or end. No limit, because there is no self to have a limit.

Ceci en raison du fait que d’un point de vue ultime, aucun phénomène ne possède de début ou de fin. Il n’existe aucune limite parce qu’aucune entité, aucun soi/self, ne possède de limite.

Myoho Renge Kyo is in a sense the Dharma-body, but as the Honzon of Nichiren Shu it is inclusive of Shakyamuni Buddha’s other aspects.

Myoho Renge Kyo est dans un sens le Corps du Dharma, mais en tant que Honzon de la Nichiren Shu, il englobe tous les autres aspects du bouddha Shakyamuni.

The honzon/gohonzon of Nichiren Buddhism is not merely the Dharma-body, not merely Myoho Renge Kyo as an abstract principle apart from actual existents.

Le Honzon/Gohonzon du bouddhisme de Nichiren n’est pas que le Corps du Dharma, il n’est pas que Myoho Renge Kyo, lesquels seraient alors des principes abstraits hors/loin de notre existence actuelle.

If Shakyamuni Buddha and Many Treasures (Taho) are understood to be functions of Myoho Renge Kyo - then this relationship as a whole is the Honzon. Myoho Renge Kyo is the Dharma-body, Many Treasures is the reward-body, and Shakyamuni as the historical Buddha is the accommodative-body.

Si le Bouddha Shakyamuni et le Bouddha Maints Trésors (Taho) sont compris comme étant des fonctions de Myoho Renge Kyo, cette relation est alors dans son intégralité le Honzon. Myoho Renge Kyo est le Corps du Dharma, Maints Trésors est le Corps de Rétribution, et Shakyamuni en tant que bouddha historique est le Corps de Manifestation.

The historical Shakyamuni Buddha should not be the honzon because that is merely the accommodative-body which is limited in time and space. The reward-body as the buddha of a pure land should not be the honzon because it is merely an idealized buddha apart from this world. The Dharma-body is an abstract principle and therefore should not be the honzon because it needs to be actualized in terms of our real life.

Le bouddha historique Shakyamuni ne devrait pas être le honzon parce qu’il a seulement un Corps de Manifestation qui est limité dans le temps et l’espace. Le Corps de Rétribution en tant que bouddha d’une Terre pure ne devrait pas être le honzon parce qu’il est/représente seulement un bouddha idéalisé hors de ce monde. Le Corps du Dharma, qui est un principe abstrait, ne devrait par conséquent pas être le honzon parce qu’il a besoin d’être actualisé, d’être concrétisé dans notre vie réelle/la réalité de notre vie.

To say that the Eternal Shakyamuni Buddha is the honzon is to say that buddhahood is always simultaneously the universal principle of truth, the idealization of all buddha-qualities, and actual people who live awakening in real life.

Dire que le Bouddha éternel Shakyamuni est le honzon revient à dire que la bodhéité est toujours simultanée au principe universel de Vérité, simultanée à toutes les qualités idéalisées d’un bouddha, et simultanée aux êtres humains d’aujourd’hui qui vivent de façon éveillée /consciente dans la vie réelle.

The Japanese of Nichiren’s time and after were trying to argue that the “real buddha” is the ordinary person. And so Nichiren represented the ordinary person who realized his buddhahood in the Latter Age. But this was later understood to mean that Nichiren was a buddha in a special way by monks who wanted to claim that their lineage was special in a unique way. In this way, they could get more patronage.

A l’époque de Nichiren et ultérieurement, les Japonais ont tenté d’argumenter que « le véritable bouddha » était une personne ordinaire. Et c’est ainsi que Nichiren représenta la personne ordinaire qui avait réalisé la bodhéité au cours des Derniers jours de la Loi. Mais plus tard, ceci fut interprété par les moines  de la façon suivante : Nichiren était un bouddha. En procédant ainsi de cette unique façon, ils voulaient faire savoir que leur lignée était particulière, ce qui leur permettait d’avoir/d’obtenir plus de fidèles.

Question

Existe-t-il un lien entre le troisième corps du Bouddha et la neuvième conscience ?

Question très complexe sur laquelle on pourra revenir. A la connaissance du Révérend, une seule personne en Chine en aurait parlé au V siècle. De plus, le texte auquel cette question fait référence ne serait pas authentifié par toutes les écoles./p>

Trois daimokus ont clôturé l’échange.

Voir le kyobon en bilingue

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