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Équanimité et détachement

par Mark Herrick - 28 février 2021

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Namu Myoho Renge Kyo !

Dans le bouddhisme nous entendons souvent parler de détachement. Que la vie est vide. Que le nirvana est un néant. Tout cela est  bien morose. Cela signifie-t-il que nous faisons toutes ces pratiques pour n’en rien retirer ? Que signifie cela réellement dans notre monde bien réel ?

Le désir, l'envie, l'attachement (et son remède implicite, le "détachement") et la vacuité sont peut-être les concepts les plus mal compris du bouddhisme. Pour compliquer les choses, le "désir" a parfois été traduit par "envie", ce qui a amené certains à conclure que nous ne devions avoir aucun désir du tout. Il y a donc l'idée que le détachement ou l'indifférence est le remède ultime pour se sentir… mal. Et qu’une  vie éveillée et libérée est un monde gris et monotone, sans hauts ni bas.

Jetons un rapide coup d'œil sur les mots eux-mêmes. Soyez patients, car la traduction anglaise de l'original sanskrit peut être utile. Et parfois, il n'y a tout simplement pas de mot anglais qui convienne. Nous ferions mieux d'apprendre le sanskrit, car il permet de mieux comprendre le sens et l'intention des termes.

anglais ''attachement''  (passion) : raga (littéralement ''intensité du rouge'') a été traduit par "désir", "attachement'' "avidité", "passion".

anglais ''clinging''  (s’accrocher) : upadana a été traduit par "attachement" ou "aliénation".

anglais ''craving''  (soif) : tṛsna peut être traduit par "soif inextinguible".

anglais ''desire''  (désir) : chanda (sk. intention, désir, volonté ; plaisir, prédilection ; caprice) a été (malencontreusement ? ) traduit par ''désir''. Sa fonction est de donner une base à l'énergie. C'est la première des quatre bases du pouvoir surnaturel ; nous y reviendrons plus loin. Donc, pour conclure, ''desire'' (désir) peut en fait être quelque chose de sain et positif.

emptiness (vacuité) : shunyata l'absence d'un soi statique et indépendant ou d'une nature en soi dans une entité ou un phénomène.

Pour replacer ces termes dans leur contexte, il est utile de rappeler que tous les enseignements, concepts et pratiques bouddhistes sont des moyens habiles (hoben) pour guider les gens vers leur propre expérience directe de la Vie. Au fond, ces concepts essaient simplement d'amener les gens à voir au-delà de leur fixation sur leur petit moi.

Le fait d'être attaché et de s'accrocher à cette idée qu'il existe un "moi" amène les gens à conclure qu'il existe ou bien  un moi permanent, immuable et indépendant - l'éternalisme, ou bien qu'il n'y a pas d'existence significative ou de continuité du moi - le nihilisme. Le Bouddha a dit qu’aucune de ces idées n’était correcte.

Claque sur la tête !.. souvenez-vous de Tom Hank dans le film "Big" : "Je ne comprends pas!".

C'est pourquoi nous pratiquons la méditation (psalmodie et dhyana) pour aller plus loin que notre petit moi/ego, pour faire comprendre à notre conscience qui crée cette idée et cette perception que nous existons indépendamment, quelque chose sur quoi se concentrer pour "calmer notre esprit", pour permettre à notre conscience de pénétrer notre subconscient et de faire l'expérience de la Vie à travers notre cœur/esprit.

Comme Bruce Lee l'a dit un jour : "Ne pensez pas, sentez !".

Notre cerveau, l'intellect, la conscience cognitive, ne comprend pas. Mais nous pouvons en faire l'expérience. Sentez-le !

Le Bouddha a enseigné en une série d'étapes pragmatiques, graduelles et progressives (ce que Zhiyi a appelé les Quatre Enseignements et les Cinq Périodes)  conduisant ses disciples sur un chemin de découverte de soi qui a culminé avec l'Enseignement Parfait du Sutra du Lotus. Il avait essayé d'enseigner l'Enseignement Parfait au tout début de son ministère avec le Sutra de la Guirlande de Fleurs, mais il a rencontré en retour beaucoup de regards vides et vitreux. Il a donc commencé par le premier tour de la Roue du Dharma au Parc des Cerfs à Varanasi, au cours duquel il a enseigné son idée la plus fondamentale des Quatre Nobles Vérités : La vie est insatisfaisante (souffrance), la souffrance est causée par l’attachement, on peut mettre fin à la souffrance par la cessation de l’attachement et la manière  de faire cesser l’attachement : la pratique de  l'Octuple Noble Chemin. C'est le véhicule des shravakas (auditeurs).

On peut comprendre pourquoi les gens pensent pour mettre fin à la souffrance il faut éliminer les désirs-raga, se détacher de toute chose et devenir indifférent. Après tout, les shravakas ont "quitté la maison" en renonçant à leur ancienne vie pour vivre seuls avec très peu. En d'autres termes, ils pensaient que la meilleure chose à faire était de "quitter la vie".

Sérieusement ? Cela ne semble pas du tout intéressant. Pas étonnant que le bouddhisme ait du mal à prendre racine en Occident !

Cette idée de renoncement a été renforcée par le concept de vacuité. Il est (presque) impossible de saisir ce concept intellectuellement, et il est rebutant parce qu'il semble si négatif. En fait, le Bouddha a souvent averti que les nouveaux bodhisattvas prendraient peur lorsqu'ils en entendraient parler pour la première fois.

Mais la "vacuité" ne fait pas référence à un vide sinistre ou à une sorte de nihilisme. Dans le canon pali, la nonne Vajira a rencontré le démon Mara, qui a tenté de l'embrouiller et de l'intimider en lui posant des questions sur l'existence d'un moi. Elle a répondu à la question de Mara sur l'existence d'un moi par l'analogie d'un char.

« Alors Mara, lui adressa ces vers :

« Par qui fut créé cet être vivant?
Où est le fabricant de l'être vivant?
D'où viennent les êtres vivants?
Où donc cesse l'être vivant?

« Alors, ayant compris que "C'est Mara, le Malin," la nonne Vajira lui répondit en vers: [...]

« De même qu'avec un assemblage de pièces
Il y a le mot chariot,
De même lorsque sont présents les agrégats,
On a la convention des
Êtres vivants.

« Car la souffrance est tout ce qui vient à exister;
L'angoisse, qui reste et retombe.
Rien que l'angoisse en vient à être.
Rien d'autre ne cesse que la souffrance.»

(Samyutta Nikaya SN 5:10)
http://www.canonpali.org/tipitaka/suttapitaka/samyutta/sn05-010.html

Quelle serait donc l'essence du char ? les roues ? le siège ? l'essieu ? le plateau ? Comme le chariot, ce "moi" que nous chérissons avec tant de dévouement n'est rien d'autre qu'un assemblage temporaire de divers agrégats. Notre existence est vide d'une nature propre ou d'une essence singulière. Parce que tout dépend d'autre chose, rien n'existe de manière indépendante et permanente.

Remarquez le dernier verset, "Rien d'autre ne cesse que la souffrance". La souffrance est ce qui naît et cesse de notre attachement affectif  au petit moi choyé. Là encore, pour arrêter de souffrir, il faut cesser de s'attacher, et si l'on comprend l'attachement comme étant un "désir", on peut penser à tort que l'on ne devrait pas avoir de désirs du tout.

La triple vérité (santai) enseignée par Zhiyi, est importante ici en tant que cadre : 1) La vie est vide (d'un moi permanent) kutai, 2) La vie est provisoire (découlant de causes et de conditions) ketai et 3) La vie est à la fois impermanente et provisoire, chutai; parce qu'elle en même temps est vide d'un moi fixe (kutai), matérielle (ketai), et simultanément existante et non-existante (chutai).

Selon Zhiyi, l'Enseignement parfait du Bouddha se trouve dans le Sutra du Lotus et le Sutra du Nirvana. Cet enseignement est considéré comme "parfait", "complet" ou "rond" parce qu'il présente l'intégration des trois vérités - vérités du vide, de la temporalité et du milieu - en un tout sans faille. On passe d'un cadre négatif à un cadre positif. Les phénomènes positifs et illimités de la nature du Bouddha sont affirmés positivement, et tous les phénomènes manifestent la libération de la Voie du milieu.

Notre invocation d'ouverture du service quotidien de Nichiren Shu dit :"Cercle parfait des Honorés du monde" et le mudra dhyana que nous utilisons dans le Shodaigyo représente ce concept des trois vérités de l'Enseignement parfait.

La triple vérité est le fondement d'ichinen sanzen, les 3000 mondes-états dans un seul instant-pensée. Le Tout englobe l'Unique, et l'Unique englobe le Tout. C'est le Dharmadhatu notion proche de Dharmakaya ou "Corps de Bouddha''. Ce Dharmadhatu se manifeste "provisoirement" sous la forme du Nirmanakaya ou "Manifestations historiques de la bouddhéité" ou bien c'est nous, lorsque nous sommes pleinement éveillés. La joyeuse réalisation de cet instant-pensée (ichinen) unique est exprimée comme le Sambhogakaya ou "Corps de Jouissance de l'Eveil au Dharma".

En d'autres termes, shunyata (la vacuité) signifie que la Vie (avec majuscule !) est un flux de processus  interconnectés, continus et permanents, un flux de la création qui se déploie de façon chaque fois nouvelle et glorieuse à travers des causes et des conditions, "Yui Butsu Yo Butsu" (seul un bouddha avec un bouddha) et shoho-jisso (l'aspect réel de tous les phénomènes).

Comme le dit Thich Naht Hanh c'est "l’Interbeing" (entr'être).

Seule notre vie (minuscule) est provisoire, temporaire et impermanente. Mais nous existons maintenant en tant que partie de la Vie (majuscule). Un beau fil multicolore dans la Grande Tapisserie de la Vie.

Nichiren utilise fréquemment la métaphore bouddhiste de la lune pour décrire ces Trois Corps du Bouddha. Le Dharmakaya est la lune, le Sambhogakaya est la lumière de la lune - les ondes/particules de photons, et le Nirmanakaya est le reflet de la lune sur l'eau. Pas de lune, pas de reflet. Pas d'eau, pas de reflet. Pas de lumière, pas de reflet et ainsi de suite.

Dans "Enter the Dragon", Bruce Lee dit : "C'est comme si un doigt pointait vers la lune. Ne vous concentrez pas sur le doigt ou vous allez manquer toute la gloire céleste !" Lee paraphrasait, sciemment ou non, le Lankavatara Sutra. Il ne s'agit donc pas de penser ou de croire simplement aux Trois Corps ou à la Triple vérité, mais de les expérimenter par nous-mêmes à travers notre pratique.

Nichiren était un moine tendai, éduqué dans les enseignements du Tiantai, et connaissant toutes les autres formes de bouddhisme disponibles au Japon dans les années 1200. Tout au long de sa vie, Nichiren a enseigné de manière extensive et continue en s'appuyant sur le Grand Arrêt et Introspection (Maka Shikan) de Zhiyi. Tout ce que Nichiren a écrit suppose que le lecteur a une compréhension de base de certains/plupart de ces enseignements/concepts bouddhistes fondamentaux. J'aime comparer cela à un étudiant faisant des études supérieures de mathématiques. Il lui serait impossible d'y comprendre quoi que ce soit sans connaître les bases de l'arithmétique, de la géométrie et de l'algèbre. C'est pourquoi tant de pratiquants de Nichiren arrivent à la mauvaise réponse et à la mauvaise conclusion s'ils se contentent de lire le Gosho. Il leur manque le contexte bouddhiste de base et la familiarité avec le cadre du Tiantai nécessaires pour comprendre ce qu’écrit Nichiren.

On ne saurait trop insister sur la valeur et l'importance d'un "bon" maître. Comme l'écrivait William James, considéré comme le parent de la psychologie moderne, en 1902 : « Les documents qui nous concerneront le plus seront ceux des (personnes) qui ont été les plus accomplies dans la vie religieuse et les plus à même de donner un compte rendu intelligible de leurs idées et de leurs motifs. Ces personnes, bien sûr, sont soit des écrivains relativement modernes, soit des écrivains plus anciens qui sont devenus des classiques religieux ».

C’est pourquoi le programme d'études du révérend Ryuei McCormick est si important. Je sais de première main que cela peut parfois être trop difficile et donner mal à la tête, vraiment ! C'est, peut-être, ce que l'on entendait par l’expression "avoir la tête brisée en sept morceaux".  C'est pourquoi je nous encourage tous à faire attention à la petite voix intérieure qui dit que l'étude est trop difficile ;  freinez-la un peu et concentrez-vous davantage sur la pratique. Soyez toujours conscient de ce que vous ressentez et donnez-vous de l'espace. La frontière est mince entre l'inconfort de quelque chose de dur et la douleur de quelque chose de nocif. Encore une fois, une autre raison pour laquelle les Maîtres du Dharma et les frères et sœurs de notre sangha sont là, c'est pour nous soutenir, nous guider et nous aider à nous ''tester'' de temps en temps de manière objective.

Retour à l'attachement / détachement µµ

Ainsi donc, cultiver le détachement de tout ce qui est provisoire afin de ne plus avoir ni attachement (s'accrocher) ni aversion (repousser) était une technique pour permettre aux gens de voir au-delà du petit moi jusqu’au Grand Moi. Cela fut mal compris comme signifiant ne se soucier de rien, être indifférent, distant. Cette attitude devient vite narcissique et égocentrique, si caractéristique de notre époque - des religions qui enseignent la pensée positive et le pouvoir de l'esprit pour surmonter l'adversité tout en visualisant ses désirs, ou qui vantent des choses tout en se plaçant au-dessus des préoccupations du monde. Cela ne veut pas dire que ces techniques ne sont pas utiles, elles peuvent l'être, car elles aident à construire notre aptitude à l'équanimité et à vivre notre vie quotidienne - certainement avec de bonnes intentions - mais elles ont besoin d'une place et d'un contexte appropriés, et des conseils d'un maitre expérimenté pour ne pas rester bloqué sur le petit moi.

Le détachement ne signifie pas ne pas se soucier, ne pas être indifférent, ni accepter et tolérer des pensées, des paroles et des actions malsaines. Cela ne signifie pas non plus ne pas souhaiter de meilleures circonstances pour soi-même et pour les autres. Cela ne signifie pas non plus ne pas faire de son mieux pour être un bon conjoint, parent, travailleur, voisin, etc. Cela ne signifie pas non plus ne pas aimer profondément les autres et désirer le meilleur pour eux, être avec eux et ensuite faire son deuil lorsque nous les perdons.

Une fois que nous voyons le Grand Moi comme un "Tout ce qui surgit constamment dans un flux ininterrompu de création interconnectée", nous nous sentons entiers et en sécurité dans la magnificence et la gloire du Dharmadhatu ou Corps du Dharma. Nous faisons pleinement l'expérience du TOUT sans la limitation de notre petit moi conditionné et perpétué - par la perception de notre karma.

Le "détachement de la maturité" est l'Équanimité. Ce qui signifie que nous nous permettons d'exister dans la merveilleuse expérience du moment présent, en ressentant pleinement tout - le bien, le neutre et le mal - , en restant ouverts et libérés, sans être coincés dans le passé ni vivre dans le futur. Totalement libérés (pour ressentir) et pleinement engagés (pour agir). Sentez tout ! Ne retenez rien et ne repoussez rien. Permettez à tout d'être là. Accueillez-le ! Laissez les larmes douloureuses couler à l'agonie de la perte et les rires naître de la joie d'être en vie.

S'accrocher aux sentiments ou tenter de les repousser et ne pas les ressentir - suivant l'idée erronée de détachement ou d'indifférence - ne fait que masquer ces sentiments, les faisant inévitablement durer plus longtemps et se manifester par d'autres événements toxiques. C'est ainsi que les traumatismes s'encodent dans notre corps et notre esprit et peuvent durer toute la vie ; en d'autres termes, c'est le "karma".

Il est tellement positif et joyeux de comprendre que l'éveil est un engagement positif et actif dans le monde, et non un renoncement, un retrait et une indifférence.

Namu Myoho Renge Kyo est un mantra "non personnalisé/non déifié". C'est une affirmation de soi. Plutôt que de chercher de l'aide en dehors de soi-même, par la pratique du mantra on fait appel à sa propre nature de bouddha intérieure. C'est le génie de Nichiren qui a enseigné la psalmodie comme la Voie du milieu, un équilibre parfait entre son propre pouvoir et le pouvoir des autres.

"Namu" est un refuge, une consolation, un sanctuaire. "Myo" est sublime, merveilleux et mystérieux. "Ho" c'est le Dharma. "Renge" est la fleur de lotus. "Kyo" est les "mots des bouddhas" ou le son et la vibration.

La signification réside dans la métaphore de la fleur de lotus, qui symbolise à la fois la simultanéité de la cause et de l'effet, et de la Vie elle-même, puisque cette belle fleur pousse dans un étang boueux, illustrant le fait que la Vie n'est pas toujours jolie et peut être difficile et désordonnée. Mais malgré le fait qu'elle soit difficile et désordonnée, le lotus pousse, prospère et fleurit, tout comme nous.

Réciter Namu Myoho Renge Kyo nous permet de croire que chacun de nous peut grandir et prospérer, quoi qu'il arrive autour de nous.

Réciter Namu Myoho Renge Kyo nous plonge dans la conviction que tous les êtres peuvent devenir pleinement éveillés, heureux et libres de toute souffrance. Dans notre cœur/esprit se trouvent l'amour bienveillant, la compassion, la joie compatissante, l'équanimité, la générosité, la vertu, la patience, l'enthousiasme, la concentration et la sagesse transcendante - tous les fruits de la pratique bouddhiste.

Réciter Namu Myoho Renge Kyo est la pratique dans laquelle nous "demeurons fermement convaincus que nous sommes des bouddhas dans un état de clarté, de tranquillité et de liberté".

Réciter Namu Myoho Renge Kyo avec joie, humilité et repentir, en faisant confiance à Namu Myoho Renge Kyo comme si votre vie en dépendait. Grâce au don du Bouddha, nous empruntons les mérites et les vertus des bouddhas, tandis que notre propre belle fleur de lotus grandit dans la boue, dans l'eau, au soleil ; et elle fleurit toute seule. Nous aussi, nous nous éveillons en devenant des bouddhas, en manifestant les formes, les couleurs et les parfums du Lotus. :

La Vertu : être et personnifier les quatre vertus infinies  de l'Empathie, de la Compassion, de la Joie partagée et de l'Équanimité. Vivre par nos pensées, nos paroles et nos actions l'Octuple Noble Chemin et les Six paramitas dans notre vie quotidienne.

La Sagesse : sentir clairement, lâcher prise des attachements débilitants. Être lucide, répondre aux circonstances de manière positive et chaleureuse. Penser clairement, agir avec sagesse et compassion.

Le Pouvoir : la force et le courage de vivre dans la joie, l'ouverture et l'équanimité.

L'Absence de peur : être libéré de la peur et de l'anxiété au milieu des feux brûlants du dernier âge du Dharma

Les Méditations : pouvoir réciter l'Odaimoku tous les jours.

La Concentration : vivre chaque moment avec conscience, sagesse et compassion.

La Libération : être libéré du doute de soi, de la colère et de la peur paralysantes pour vivre et s'engager pleinement dans chaque moment.

Ainsi, en utilisant votre pratique du daimoku comme une plate-forme, avancez et vivez pleinement.

Avec respect et gratitude,
Namu Myoho Renge Kyo
Shami Mark Ryugan Lotus blanc

* * *

 

Equanimity vs Detachment

Mark Herrick — February 28, 2021

Namu Myoho Renge Kyo

We often hear people speaking about becoming detached in Buddhism. That life is empty. That nirvana means one gets nothing. Sounds kind of bleak. Does that mean we do all this practicing and then get nothing from it? What does this actually mean for us in the real-world?

Craving, desire, attachment (with its implied remedy “detachment”) and emptiness might be the most misunderstood concepts in Buddhism. To make things more complicated “craving,” has sometimes been translated as “desire,” leading some to conclude we shouldn’t have any desires at all. There is therefore the idea that detachment or indifference is the ultimate remedy to feeling bad. And an awakened liberated life is some gray monotone world, no highs, no lows.

Let’s take a quick look at the actual words. Bear with me for a moment, as considering the English translation of the original Sanskrit can be useful. And sometimes there just isn’t a good English word. We might be better off just learning the Sanskrit as it gives a fuller understanding of the meaning, and intention.

Attachment: rāga can be translated as “desire,” “greed,” “lust,” or “passion.”

Clinging: upādāna can be translated as “attachment” or “grasping.”

craving: tṛṣṇā can be translated as “(unquenchable) thirst.”

desire: chanda can be translated as “will” or “zeal.” Its function is to give a basis to energy. It is the first of the four bases of supernatural power, more on this later. So hinting at the rest of this talk, “desire” is actually a wholesome, positive thing.

emptiness: śūnyatā the lack of a static, independent self or self-nature in any entity or phenomena.

To put these terms into their proper context it’s helpful to recall that all Buddhist teachings, concepts, and practices are skillful means to guide people toward their own direct experience of Life. At their core, these concepts are simply trying to get people to see beyond their fixation with their little-self ego.

Being attached and clinging to this idea there is a ‘self,’ leads people to conclude that there is either a permanent unchanging and independent self - eternalism - or that there is no meaningful existence or continuity of the self – nihilism. The Buddha basically said, “neither of these ideas is correct.”

Head smack time… remember Tom Hank’s in the movie “Big,” “I don’t get it.”

This is why we practice meditation (Chanting and Sitting) to go deeper than our little-self/ego by giving our cognitive consciousness, which creates this idea and perception we exist independently, something to focus on to “still our mind” allowing our awareness to go deeper into our subconscious and experience Life through our heart/mind.

As Bruce Lee once said, “Don’t think, Feel.”

Our brain, cognitive consciousness intellect, doesn’t get it. But we can experience it. Feel it.

The Buddha taught in a pragmatic, gradual, progressive series of stages (what Tiantai called the Four Teachings over the Five Periods) to lead his disciples on a journey of self-discovery that culminated in the Perfect Teaching of the Lotus Sutra. He tried to teach the Perfect Teaching at the very beginning of his ministry with the Flower Garland Sutra, but he got a lot of blank, glassy-eyed stares. So, he began, at the beginning with the first Turning of the Wheel of the Dharma at the Deer Park in Varanasi during which he taught his most basic idea of the Four Noble Truths: Life is Unsatisfactory (suffering), Suffering is caused by Craving (attachment), You can end Suffering through the cessation of Craving and the way to bring about the cessation of Craving is to practice the Eightfold Path. This is the vehicle for the voice-hearers (śrāvakas).

It's understandable how people could conclude that putting an end to craving (attachment, sometimes mis-translated as desire) in order to put an end to suffering might mean detaching from or becoming indifferent to all things. After all the voice-hearers “left home” renouncing their former lives to live alone with very little. In other words, they thought highest thing one could do is “leave life.”

Seriously? That doesn’t sound interesting at all. No wonder Buddhism has a hard time taking root in the West!

This idea of renouncing was further reinforced with the concept of Emptiness. It’s (almost) impossible to grasp this concept intellectually, and it’s off-putting because it sounds so negative. In fact, the Buddha frequently warned that new bodhisattvas would become fearful when they first hear of it.

But “emptiness” doesn’t refer to a grim void or a kind of nihilism. In the Pali canon, the nun Vajira encountered the demon Mara, who attempted to confuse and intimidate her with questions about the existence of a self. She responded to Mara’s question about the existence of a self with the analogy of a chariot:

“Why now do you assume ‘a being’?

Māra, is that your speculative view?

This is a heap of sheer formations:

Here no being is found.

Just as, with an assemblage of parts,

The word ‘chariot’ is used,

So, when the aggregates exist,

There is the convention of ‘a being.’

It’s only suffering that comes to be,

Suffering that stands and falls away.

Nothing but suffering comes to be,

Nothing but suffering ceases.”

(SN 5:10; Connected Discourses, pp. 229-230)

What is the essence of the chariot? Is it the wheels? The seat? The axle? The cart? Like the chariot, this “self” we cherish so devotedly is nothing more than a temporary coming together of various aggregates. Our existence is empty of a self-nature or singular essence. Because everything depends on something else, nothing exists in an independent, enduring manner.

Notice the last verse, “It’s only suffering that comes to be…” Suffering is what arises and ceases from our attachment to a ‘cherished’ sense of little-self. But again, to stop suffering one must cease attachment, and if one’s understanding of attachment is ‘desire’ we might then think we shouldn’t have desires at all.

The Threefold Truth as taught by Tiantai Zhiyi is important here as a frame: 1) Life is empty (of a permanent self), 2) Life is provisional (arising through causes and conditions) and 3) Life is both impermanent and provisional; because it is empty of a fixed self it is provisional, because it is provisional it is empty.

According to Tiantai, the perfect teaching of the Buddha is found in the Lotus Sutra and the Nirvana Sutra. It is considered “perfect,” “complete,” or “round” because it presents the integration of all three truths of the threefold truth - the truths of emptiness, provisionality, and the middle - into a seamless whole. Pivoting from a negative frame to a positive one. The positive and boundless phenomena of the buddha-nature are positively affirmed, and all phenomena manifests the liberation of the Middle Way.

Our Nichiren Shu daily service opening invocation says “Perfect Circle of All Honorable One’s” and the Dhyana mudra we use in Shodaigyo represent this concept of the Perfect Teaching’s three Truths.

The Threefold Truth is the foundation for Ichinen Sanzen, the 3000 Realms of Existence are Contained in a Single Thought-Moment. The All encompasses the One, and the One encompasses the All. This is the Dharmadhatu or Dharma-realm, that is sometimes personified as the Dharmakaya or “Buddha as the body of Reality.” The Dharma-body gets manifested ‘provisionally’ as the Nirmanakaya or “historical manifestations of buddhahood” or “us when we are fully awake.” The joyous realization of this Single Thought-Moment is expressed as the Samboghakaya or “body of enjoyment of awakening to the Dharma.”

In other words, Sunyata (Emptiness) means Life (capital L) is an interconnected, on-going, continual, process flow of Creation unfolding in new glorious ways through causes and conditions, “Yui Butsu Yo Butsu,” (only a buddha together with a buddha) and “Shohō-jissō” (the true reality of all things).

As Thich Naht Hanh says, “Interbeing.”

Only our (lower case l) life is provisional, temporary and impermanent. But we do exist now as part of (capital L) Life. A beautiful multi-colored thread in the Great Tapestry of Life.

Nichiren frequently uses a favorite Buddhist metaphor of the Moon to describe this Three Bodies of the Buddha. The Dharmakaya is the moon, the Samboghakaya is the light of the moon - the photons waves/particles, and the Nirmanakaya is the moon’s reflection on the water. No moon, no reflection. No water no reflection. No light no reflection and so on.

In "Enter the Dragon," Bruce Lee went on to say, “It’s like a finger pointing away to the moon. Don’t concentrate on the finger, or you will miss all the heavenly glory.” Lee was, whether knowingly or not, paraphrasing from the Lankavatara Sutra. The point, then, is not to think about or merely believe in the three bodies or the three truths but to experience it for ourselves through our practice.

Nichiren was a Tendai monk, deeply educated in Tiantai’s teachings, and all other forms of Buddhism available in Japan in the 1200s. Nichiren taught extensively and continually from Tiantai’s Great Calming and Contemplation (J. Maka Shikan) throughout his entire life. Everything Nichiren wrote is based on an assumption that the reader has a basic grasp of some/most of these foundational Buddhist teachings/ideas. I like to use the metaphor of a student learning calculous. It would be impossible for them to truly understand it without knowing basic arithmetic and geometry and algebra. It’s why so many Nichiren practitioners come to the wrong answer and conclusion just reading the Gosho. They lack the basic Buddhist context and familiarity with the T’ian-t’ai framework needed to understand what Nichiren is writing about.

It cannot be overemphasized the value and importance of a ‘good’ teacher. As William James, considered the parent of modern psychology, wrote in 1902, “… the documents that will most concern us will be those of the (people) who were most accomplished in the religious life and best able to give an intelligible account of their ideas and motives. These (people), of course, are either comparatively modern writers, or else such earlier ones as have become religious classics.”

And why Rev. Ryuei McCormick’s study program is so important. I know first-hand how it can sometimes be too much and give one a headache, truly I do! This is actually what was meant by “head splitting into seven pieces,” it meant ignorance was being split apart, not some weird curse. That is why I encourage us all to listen to our inner-voice, and if study feels too much, tap the brakes a bit on it, and focus more on practice. Always be aware how you feel and give yourself space. There is a fine line between the discomfort of something hard, and the pain of something harmful. Again, another reason teachers and our dharma brothers and sisters of our sangha is here, to support us, guide us and help give us an objective self-check at times.

Back to “attachment and detachment.”

Again, cultivating detachment so that one has neither attachment (craving) nor aversion (pushing away) to the provisional, was a technique to allow people to see beyond the little-self to the Big-Self. It’s become misunderstood to mean not caring, indifference, aloofness. This kind of privileged aloofness becomes a narcissistic, ego-centered point of view, leading to new age prosperity-religions that teach positive thinking and the power of the mind to overcome adversity while visualizing one’s desires, or chanting for things while presuming to be above worldly concerns. This isn’t to say that such techniques aren’t useful, they can be, as they help build our Equanimity Muscle, and to live our daily lives – certainly good intentions - but it needs its proper place and context, and guidance from an experienced teacher so one does not get stuck.

Detachment DOESN’T mean not caring, indifference, or accepting and tolerating unwholesome thought, speech and actions. Nor does it mean not desiring better circumstances for ourselves and others. Nor does it mean not doing your best to be a good spouse, parent, worker, neighbor, etc. Nor does it mean not loving others deeply and desiring the best for them, to be with them and then grieving when we lose them.

Once we see the Big-Self as "Everything Constantly Arising in an Unending Flow of Inter-connected Creation" we feel whole and safe in the magnificence and glory of the Dharma-realm, or Dharma-body. We experience EVERYTHING fully without the limitation of our small-self ego which is constructed and perpetuated - by the self-perception of our karma.

Mature “detachment” is Equanimity. Which means we allow ourselves to exist in the wondrous experience of the now moment, fully feeling it all, good, neutral and bad, while remaining open and liberated, not stuck in the past nor living in the future. Fully Liberated (to feel) and Fully Engaged (to act). Feel it All. Don’t hold it or push anything away. Allow it All to be there. Welcome it. Let the tears flow from the exquisite agony of loss, and the laughter arise from the joy of being alive.

Holding onto to feelings, or attempting to push them away, and not feel them - following the misguided idea of detachment or indifference - only masks these feelings, inevitably making them last longer and arising in other toxic manifestations. This is how trauma gets encoded into our body and mind and can last lifetimes; in other words, “karma.”

It is so very life-affirming, positive and joyous to understand that awakening is an active, positive engagement in the world, not a renunciation, withdrawal and indifference.

Namu Myōhō Renge Kyō is a “non-personalized/non-deified” mantra. It is an affirmation of Self. Rather than seeking help outside oneself, it calls upon one’s own inner buddha nature. It is Nichiren’s genius that he taught chanting as the Middle Way, a perfect balance of self-power and other-power.

“Namu” is taking refuge, solace, and sanctuary. “Myō” is sublime, wondrous and mysterious. “Hō” is Dharma. “Renge” is Lotus Flower. “Kyō” is the “words of the Buddhas,” or sound and vibration.

The meaning lies in the metaphor of the Lotus Flower, which symbolizes both the simultaneity of Cause and Effect, and of Life itself, since this beautiful flower grows in a muddy pond, symbolizing that Life isn’t always pretty and can be difficult and messy. But in spite of being difficult and messy the Lotus grows, thrives, and flowers, just as we can.

Chanting Namu Myōhō Renge Kyō empowers us to trust that each of us can grow and thrive no matter what is going on around us.

Chanting Namu Myōhō Renge Kyō immerses us in the conviction that all beings can become fully awakened, happy, and free of suffering. Within our heart/mind is loving-kindness, compassion, sympathetic joy, equanimity, generosity, virtue, patience, enthusiasm, focus, and transcendent wisdom – all the fruits of the Buddhist practice.

Chanting Namu Myōhō Renge Kyō is the practice in which we “abide firmly with resolute conviction that we are buddhas in a state of clearness, tranquility and freedom”.

Single-minded and wholeheartedly chant Namu Myoho Renge Kyo with joy, humility and repentance, trusting in Namu Myoho Renge Kyo as if your life depends on it. Through the Buddha’s gift to us, we borrow the Buddhas Merits and Virtues while our own beautiful lotus blossom grows up through the mud, through the water, into the sun and blooms on its own and we too Awaken becoming buddhas, manifesting the shapes, color and fragrances of the Lotus:

Virtue: Being and personifying the four divine abodes of Loving Kindness, compassion, sympathetic Joy and Equanimity. Living through our thoughts, words and actions the Eightfold Path and the Six Perfections in our daily lives.

Wisdom: Feeling clearly, letting go of debilitating attachments. Seeing clearly, responding to circumstances in a positive and heathy manner. Thinking clearly, acting with wisdom and compassion.

Power: The strength and courage to live with joy, openness and equanimity.

Fearlessness: To be free of fear and anxiety amidst the burning fires of the Latter Age

Meditations: Being able to chant the Odaimoku every day.

Concentration: Living each moment with Mindfulness, Wisdom and Compassion.

Liberation: Being free of crippling self-doubt, anger and fear to experience and engage each moment fully.

So, using your chanting practice as a platform, go forth and Live.

With Respect and Gratitude,

Namu Myoho Renge Kyo

Shami Mark Ryugan White Lotus

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